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Chine: Exploitation selon Mattel

29-11-2012

Salaires de misère, heures de travail excessives, exposition des travailleur-se-s à des produits toxiques sans protection adéquate… De nouvelles enquêtes menées dans quatre usines fabriquant des jouets Mattel révèlent les conditions de travail et de vie indignes des travailleuses et travailleurs chinois.

Alors que nous l’avons à plusieurs reprises alertée des violations des droits des travailleur-se-s dans sa chaîne de sous-traitance, la multinationale américaine n’a rien fait pour y mettre fin. Pire, sa politique de responsabilité sociale s’est considérablement dégradée. Pourtant Mattel continue de promettre à ses consommateurs et à ses consommatrices des jouets fabriqués dans des conditions socialement responsables…

« D’après nos enquêtes, les salaires mensuels de celles et ceux qui fabriquent les jouets Mattel varient entre 2000 et 3000 yuans (soit entre 247 et 370 euros). C’est tout juste suffisant pour manger, mais pas pour vivre dignement dans ces villes industrielles où la vie est chère » explique Kevin Slaten, coordinateur des enquêtes au China Labor Watch (CLW).

 

Violations récurrentes des droits des travailleur-se-s

De 1999 à 2011, les organisations chinoises China Labor Watch et SACOM ont enquêté dans cinq usines sous-traitantes de Mattel, dont certaines à plusieurs reprises. Partout ils ont mis à jour les mêmes violations des dispositions de la loi chinoise sur les heures supplémentaires, la santé et la sécurité des travailleur-se-s. Partout, Mattel a prétendu que les violations étaient des cas isolés ou nié leur existence et assuré qu’elle prenait les mesures nécessaires pour s’assurer que ses produits étaient fabriqués dans des conditions responsables et éthiques.

C’est dans ce contexte de violations récurrentes que CLW a lancé une nouvelle série d’enquêtes dans quatre usines[1]. Les résultats, sans appel, montrent que les violations constatées dans le passé chez certains sous-traitants de Mattel se retrouvent dans l’ensemble des quatre usines investiguées, y compris à Nanhai Mattel, une usine directement contrôlée par Mattel.

Lire la synthèse des rapports d’enquête

Les salaires de base pour les travailleur-se-s se situent entre 1100 et 1500 yuans, soit entre 136 et 185€/mois. C’est totalement insuffisant pour vivre. Pour gagner plus, travailleur-se-s sont donc contraint-e-s de faire de nombreuses heures supplémentaires. En travaillant jusqu’à 12 heures par jour, 6 à 7 jours par semaine, ils parviennent à gagner de quoi survivre, mais sont contraints de vivre dans les dortoirs attenants aux usines, à douze par chambre, de partager une salle de bain à plusieurs et à prendre leurs repas dans les cantines insalubres des usines. Pour ne pas ralentir la fabrication des jouets, et faute d’information suffisante, ces travailleur-se-s mettent en danger leur santé. Ils manipulent des produits dangereux respirent des émanations toxiques de plastique, sans équipement de protection adapté.

La politique d’irresponsabilité sociale de Mattel

Mattel profite considérablement de l’exploitation des ouvrier-ère-s dans les usines en Chine. Avec 768 millions de dollars de bénéfices en 2011, la multinationale américaine ne peut nier l’injustice criante dont sont victimes les petites mains qui fabriquent ses jouets en Chine, elles qui ne touchent qu’environ 1% du prix de vente de chaque jouet qu’elles fabriquent.

En 1997, Mattel est pourtant l’une des premières entreprises du jouet à adopter un code de conduite pour ses fournisseurs. Pour s’assurer qu’il est appliqué, elle décide en 2001 de faire auditer ses usines et sous-traitants par l’ONG SICCA[2]. Jusqu’en 2008, l’ONG détecte de nombreuses violations des droits et formule plusieurs recommandations. Mais Mattel n’en tire pas les conséquences. « Il est évident que les actions de Mattel à la suite de nos précédents audits n’ont pas été efficaces » déclare SICCA dans la conclusion de son dernier rapport, « nous avons l’impression qu’aucune de nos recommandations d’actions correctives ne sera à même d’entraîner des changements significatifs tant que Mattel ne s’engagera pas pour que l’usine applique ces recommandations »[3] poursuit-elle.

En 2009, Mattel abandonne SICCA et rejoint l’ICTI Care Process (ICP), le processus d’audit et de certification proposé par la Fédération internationale des industries du jouet. Un processus vivement critiqué par les ONG et les organisations de défense des droits des travailleurs. En effet, l’ICTI-Care n’impose même pas comme minimum le respect de la loi chinoise du travail sur les heures supplémentaires et dont les audits sont inefficaces.

En rejoignant l’ICP, non seulement Mattel n’améliore pas sa politique de responsabilité sociale, mais elle l’empire. Et ce sont les ouvriers en bout de chaîne, dont les conditions se dégradent, qui en subissent les conséquences.

 

Mattel doit agir

Mattel doit modifier ses pratiques d’approvisionnement et s’assurer que les prix qu’elle paie et les délais qu’elle impose permettent aux ouvriers d’être payés un salaire décent et de ne pas travailler un nombre d’heures excessif. Elle doit s’assurer que des mécanismes sont en place dans les usines pour faire remonter les plaintes des travailleurs et les traiter et doit publier la liste de l’ensemble de ses fournisseurs.

Lire la synthèse des rapports d’enquête
Regarder la vidéo

 

 


 

1 Nanhai Mattel, Winty Industries, Dong Yao Toys et Wei Lee Fung Plastic Product

2 Sethi International Center for Corporate Accountability

3 SICCA 2008 Audit Report, Mattel China Vendors

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