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Cambodge - Marks & Spencer doit indemniser les travailleuses de Chung Fai

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Barbie ouvrière, le modèle préféré des multinationales

28-11-2013

Entre 6 et 8 millions d’euros de salaires et de cotisations sociales impayés. Telle est la nouvelle révélation de l’ONG China Labor Watch sur le cas « Mattel » en Chine. Notre partenaire a enquêté clandestinement dans six usines chinoises et publie un nouveau un rapport accablant pour le numéro un mondial du jouet. Seule une mobilisation de grande ampleur obligera la multinationale américaine à prendre enfin des mesures.

AGIR - Libérons Barbie ouvrière! ecrivez à Mattel.

 

Les faits

Voilà près de 15 ans que nos partenaires chinois China Labor Watch et SACOM(1) enquêtent sur les conditions de travail dans la chaîne d’approvisionnement de Mattel en Chine. Bien que les investigations soient difficiles(2), ils ont rassemblé des informations accablantes montrant qu’au fil des ans, les mêmes violations des droits humains se répètent. Pour autant, Mattel ne prend aucune mesure pour améliorer la situation.

Vidéo réalisée par achACT en 2012 mais qui reste d'actualité...

 

Des millions d’euros d’impayés

Grève à Baode en août 2013. Copyright: CLW

D’avril à septembre 2013, le China Labor Watch a enquêté dans six usines chinoises fabriquant des jouets pour Mattel et a constaté pas moins de 18 catégories de violations de la loi chinoise ou du respect des droits des travailleurs. Parmi celles-ci, l’une des plus choquantes est le vol d’une partie des salaires des travailleurs alors que ceux-ci sont déjà très insuffisants. Des employeurs « économisent » ainsi 13 % du salaire de chaque travailleur en omettant de cotiser pour leur retraite, bien que cela soit obligatoire. Au total, le China Labor Watch estime que dans les six usines concernées par l’enquête, le montant des salaires et cotisations impayées atteint 6 à 8 millions d’euros sur une année. Rapporté aux dizaines de fournisseurs avec lesquels Mattel travaille en Chine, ce chiffre atteindrait des dizaines de millions d’euros. Une situation qui a poussé le personnel de l’usine de Baode, à Shenzhen, à se mettre en grève en août 2013.

Salaires insuffisants, produits dangereux, dortoirs surpeuplés…

Autres constats issus de l’enquête : les salaires sont insuffisants pour permettre aux familles de vivre dignement. Les travailleurs et travailleuses sont donc contraints d’accepter jusqu’à 100 heures supplémentaires par mois, des journées de 13 heures de travail, sept jours sur sept pour améliorer leur quotidien. Et même dans ces conditions, les salaires perçus restent inférieurs au salaire moyen local. De plus, celles et ceux qui manipulent des produits dangereux ne portent pas systématiquement d’équipement de protection adéquat et les formations prévues par la loi sont le plus souvent bâclées. Enfin, dans les périodes de pics de production des jouets de Noël, les travailleurs sont logés dans des dortoirs attenants aux usines, à 8 ou 12 par chambre, dans une chaleur suffocante, sans intimité et dans des conditions d’hygiène déplorables.

Mattel, multinationale multirécidiviste

Alors qu’à la fin des années 2000, quelques usines avaient connue de timides améliorations, l’enquête du China Labor Watch montre que dans certains cas, la situation se dégrade à nouveau et est même pire aujourd’hui qu’en 1998. C’est le cas dans l’usine de Merton où l’ONG a enquêté à trois reprises. Dans un premier temps, la durée moyenne du travail y avait baissée, passant de 12,5 à 11,5 heures par jour entre 1998 et 2009. Mais en 2013, il est apparu que le jour de repos n’était plus garanti, ce qui crée une situation pire qu’auparavant pour les travailleurs-ses.

Mattel, Atelier de production Merton. 2013. Copyright: CLWNuméro un du jouet avec des marques comme Barbie, Fisher Price ou Big Jim, Mattel n’ignore rien de ces violations au sujet desquelles Peuples Solidaires et ses partenaires l’ont interpellé à mainte reprises ces dernières années. Mais malgré les engagements officiels qu’elle affiche en matière de responsabilité sociale, la multinationale continue à tirer les prix et les délais vers le bas, au détriment de la dignité de celles et ceux qui fabriquent ses jouets.

Un enjeu pour la Chine

Le jouet est un secteur industriel dans lequel les violations des droits sont encore généralisées en Chine. La situation s’avère même plus grave que dans d’autres secteurs pourtant réputés pour leur non-respect des normes du travail, comme l’électronique. En tant que leader mondial du secteur et client majeur de la Chine, Mattel a la responsabilité et le pouvoir de faire changer les choses.

Télécharger le rapport

Source : Peuples Solidaires France

 

1. Students & Scholars Against Coporate Misbehaviour (Association des étudiants et universitaires contre la mauvaise conduite des entreprises)

2. Pour rassembler des informations fiables, les enquêteurs et enquêtrices doivent se faire embaucher dans les usines. Ils-elles risquent à tout moment d’être démasqué-e-s

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