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Cambodge - Marks & Spencer doit indemniser les travailleuses de Chung Fai

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Nouveau salaire minimum au Bangladesh. Encore très loin d'un salaire vital!

21-11-2013

Jeudi 14 Novembre, le gouvernement du Bangladesh a annoncé le nouveau montant du salaire minimum pour les travailleurs de l’habillement, soit 5.300 Taka mensuels (50,32 €). achACT dénonce le fait que ce nouveau salaire minimum est très loin de correspondre à un salaire vital et qu’il ne permettra pas à des millions de travailleuses et travailleurs de sortir de la pauvreté. L’annonce du Gouvernement a d’ailleurs relancé une forte mobilisation des travailleurs qui a été fortement réprimée par la police et des hommes de main, provoquant la mort par balle de deux manifestants, de nombreux blessés et l’arrestation de plusieurs leaders syndicaux.

Alors que ce secteur procure au pays 76% de ses revenus à l’exportation, les travailleurs de l’habillement y sont toujours – et malgré l’augmentation – parmi les plus mal payés du monde.

Plus de 4 millions de personnes – principalement des femmes - travaillent dans le secteur de l’habillement au Bangladesh. Bien que le nouveau montant annoncé corresponde à une augmentation de 77% de l’actuel salaire de 3.000 Taka (28,48 €), il ne correspond, du fait de l’inflation, qu’à une faible augmentation du pouvoir d’achat et ne couvrira que 21% du salaire minimum vital dans ce pays, évalué pour 2013 par l’Alliance Asia Floor Wage à 259,80 €. Le Gouvernement lui-même, dans le cadre de son projet de réduction de la pauvreté, évalue à 18.000 Taka, le salaire minimum nécessaire pour une famille.

 

Le Gouvernement du Bangladesh ne dispose pas d’un calendrier fixe pour la négociation et la fixation des salaires. Le dernier montant de salaire minimum sectoriel pour l’industrie de l’habillement avait été fixé en 2010 à 3000 Taka.

En Juin 2013, suite au drame suscité par l’effondrement meurtrier du Rana Plaza (1133 morts) et des pressions internes et internationales exercées en faveur de l’amélioration des conditions de travail dans l’industrie de l’habillement du Bangladesh, le Gouvernement avait annoncé la mise au travail d’un Conseil sur le Salaire Minimum. Depuis, quasi tous les syndicats des travailleurs de l’habillement, fédérations syndicales nationales et autres organisations de défense des travailleurs du Bangladesh, soutenus par d’éminents économistes et intellectuels n’ont eu de cesse d’appeler leur gouvernement à décider d’une augmentation portant le salaire de base sectoriel à 8.000 Taka (76,27 €) et ainsi de faire preuve d’une réelle volonté de s’acheminer vers un salaire vital.

Dans le même temps, des représentants des employeurs se positionnaient pour une augmentation portant le salaire à 3.600 Taka (34,33 €).

Dès septembre 2013, des centaines de milliers de travailleurs de l’habillement ont manifesté pour soutenir cette demande et revendiquer que les salaires assurent la couverture de leurs besoins vitaux. La mobilisation des travailleurs a alors occasionné la fermeture d’environ 2960 usines sur les 5000 que compte le pays. De nombreux travailleurs ont été licenciés et plusieurs leaders syndicaux ont été arrêtés.

Source : ILO-International Institute For Labour Studies –
Bangladesh-Seeking Better employment conditions for better socioeconomic outcomes, 2013

 

L’annonce récente par le Gouvernement du nouveau salaire minimum a relancé une forte vague de mécontentement des travailleurs dans les principaux districts de production dont Gazipur, Ashulia et Savar. Depuis ce lundi 18 Novembre, la répression s’abat de plus belle sur ces mobilisations du fait de la police ou d’hommes de main : deux personnes ont été tuées par balles et des centaines d’autres blessées lors des manifestations. Selon un communiqué de l’AFP de ce 20 Novembre, trois leaders syndicaux ont été arrêtés, d’autres sont menacés et harcelés comme Moshrefa Mishu, menacée de mort si elle ne met pas fin au mouvement. Mishu fut déjà détenue 5 mois en 2010.

achACT et la Clean Clothes Campaign, son réseau international, mènent campagne sur le droit de chaque travailleur à gagner un salaire vital. achACT estime que le salaire minimum légal devrait refléter un salaire vital, c’est-à-dire un salaire gagné dans le cadre d’une semaine de travail standard (n’excédant pas 48 heures) et qui permet au travailleur ou à la travailleuse et sa famille de se nourrir, de payer le loyer, d’accéder aux soins médicaux, de s’habiller, de se déplacer, d’avoir accès à une éducation et d’épargner pour pouvoir faire face à ses obligations sociales et de couvrir des dépenses imprévues.

achACT persiste à soutenir les travailleurs de l’habillement du Bangladesh et leurs représentants dans leur demande pour un salaire minimum d’au moins 8.000 Taka. Elle appelle le Gouvernement du Bangladesh ainsi que les Marques et enseignes qui s’approvisionnent dans ce pays à reconnaître le droit des hommes et des femmes qui travaillent dans le secteur de l’habillement à un salaire vital, et à mettre en œuvre des politiques effectives en ce sens.

 

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