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Karpakam, travaille dans l’usine textile de Avinashi

Témoignage recueilli en novembre 2012

Je m'appelle Karpakam et je vis dans le village de Thalapatty dans le district de Dindigul. A 5 ans, mon père Mari a quitté la famille et a pris une autre épouse. Après quelques années ma mère nous a aussi quittés pour vivre avec un autre homme dans un village voisin. Mon frère aîné Naga et ma grand mère Sumathiammal se sont alors occupé de moi. Mon frère aîné était marié et vivait dans le même village.

A treize ans, alors que j'étais au 8ème degré, ma grand mère m'a fait arrêter l'école et m'a demandé de travailler comme ouvrière agricole parce que la famille de mon frère avait besoin d'argent pour couvrir leurs dépenses quotidiennes. Mon frère travaillait aussi comme ouvrier agricole sur les terres aux alentours mais ses revenus n’étaient pas suffisants. Un mois plus tard j'ai été approchée par un agent local de recrutement qui m'a promis une vie décente dans l'usine textile de Avinashi. J'étais très attirée par ces fausses promesses et j'ai accepté de rejoindre cette usine et de signer un contrat de trois ans. C'est ainsi qu'a commencé ma vie de travailleuse d'usine. Je travaillais dans le département simplex pour un salaire mensuel de 1.500 Roupies et je logeais dans les bâtiments d'habitation dans l'enceinte de l'usine. Je devais loger dans une chambre de 10 x 15 (?) avec dix autres filles et nous ne disposions pas d'installation sanitaire adéquate. La plupart du temps je devais sauter le petit déjeuner car nous n'avions pas assez de temps pour nous préparer vu le manque d'installations principalement d'un point de vue sanitaire. Dans l'usine et dans les logements,, la ventilation était mauvaise. L'excès de chaleur dans l'usine provoquait souvent chez moi des maux de ventre et de tête.

J'atais payée 1.250 Roupies par mois après déduction de l'argent pour la nourriture et le logement. Nous n'étions pas autorisées à quitter l'enceinte de l'usine durant nos congés et il n'était pas possible de téléphoner à notre famille. Mon frère venait me voir à l'usine une fois par mois pour prendre mon salaire. J'étais abusée et harcelée par les superviseurs et je devais tout accepter vu que j'avais besoin de mon salaire. Mon cycle menstruel était perturbé, mais quand j'ai essaye de me faire soigner, la direction a refusé de m'aider. Mes règles me faisaient souffrir et je perdais beaucoup de sang. Et je suis devenue très faible. Malgré ce traumatisme physique et mental, je suis arrivée au terme de mon contrat. Mais la direction a refusé de me donner la prime promise et m'a renvoyé à la maison sans argent. Durant la période qui a suivi, j'ai du me faire soigner et dépenser beaucoup d'argent pour les dépenses médicales nécessaires au soin de mes maux d'estomac. Mais c'était en vain. Je me suis mariée récemment mais mon état de santé ne me permet pas d’avoir des enfants.

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