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Cambodge - Marks & Spencer doit indemniser les travailleuses de Chung Fai

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Conditions de travail

Un T-shirt, c’est 650 grammes de coton, égrené, filé, tricoté, teint puis confectionné.

Alors que le cœur de la filière de fabrication d’un T-shirt est fortement mécanisé - égrener, filer, tricoter, teindre est surtout une affaire de machines et de manutention - les deux extrémités de la chaîne, la culture du coton d’une part et la confection d’autre part reposent surtout sur une main d’œuvre nombreuse et peu formée. C’est à ces stades de fabrication que les droits des travailleurs sont le plus fréquemment bafoués.

Qu’ils proviennent de Chine, du Bangladesh ou d’Inde, il y a fort à parier que nos T-shirts ont été cousus par des femmes. Pour la plupart migrantes au sein de leur propre pays, elles se retrouvent généralement en ville ou dans les zones industrielles pour gagner leur vie et soutenir leurs parents restés à la campagne. Mais la réalité quotidienne à laquelle ces travailleuses sont confrontées met souvent à mal leurs plus minces espoirs.

  • Le droit à un travail décent
  • Des salaires insuffisants pour vivre
  • Des heures supplémentaires beaucoup trop nombreuses et obligatoires
  • Forte répression des syndicats
  • Emplois précaires et mauvaises conditions de travail
  • Recours au travail d’enfants
  • Le droit à un travail décent

 





Le Nicaragua a connu dans les années 1990 un développement rapide des zones de libre échange, ou zones franches : les maquillas.
On estime que la main-d'oeuvre y est composée de plus de 70% de femmes dont environ la moitié a entre 18 et 24 ans.

Maria de la Concepcion Hernandez travaillait dans une fabrique de vêtements située dans une maquilla lorsqu'est né son troisième enfant. Elle a poursuivi son travail normalement. Mais devait s'absenter parfois, en toute légalité, lorsque son bébé était malade. Cela n'a pas plu à son employeur. Maria a été licenciée.



 

L’Organisation internationale du travail définit le travail décent comme la possibilité pour tout travailleur d’exercer un travail productif et convenablement rémunéré, assorti de conditions de sécurité sur le lieu de travail et d’une protection sociale pour sa famille. Le travail décent donne aux individus la possibilité de s’épanouir et de s’insérer dans la société, ainsi que la liberté d’exprimer leurs préoccupations, de se syndiquer et de prendre part aux décisions qui auront des conséquences sur leur existence. Il suppose une égalité de chances et de traitement pour les femmes et les hommes.

Tous les Etats membres de l’OIT s’engagent à développer un agenda et des projets visant la promotion du travail décent. Cela se traduit notamment par la ratification et la mise en œuvre des conventions fondamentales de l’OIT à savoir :

  • Liberté d’association et droit de négociation collective (conv. 87 et 98)
  • Elimination du travail forcé et du travail obligatoire (Conv. 29 et 105)
  • Elimination des discriminations en matière d’emploi et d’occupation (Conv. 100 et 111)
  • Abolition du travail des enfants (Conv 138 et 182)

Ces conventions ont été ratifiées par la plupart des pays dans le monde.

 

Les conditions de travail dans la confection des vêtements et notamment des T-shirts sont loin de correspondre à un travail décent

Des salaires insuffisants pour vivre

Au Bangladesh, en Inde, en Chine, les travailleuses qui confectionnent les T-shirts destinés à nos marchés sont parmi les travailleurs les plus pauvres de leurs sociétés. Les salaires généralement payés aux couturières correspondent souvent au minimum légal fixé par le gouvernement. Un minimum considéré comme un plafond et qui ne leur permet pas de vivre décemment et encore moins d’assurer la couverture des besoins vitaux de leur famille.

 

Promiscuité des dortoirs ou insalubrité des bidonvilles, baraques de tôle construites sommairement sur pilotis au-dessus de ce qui deviendra l’égoût de la ville dès la première pluie. Chambre de 5 m2 partagée avec une collègue, douche unique pour une trentaine de personnes... insécurité des chemins qui mènent au travail, parcourus de nuit. Voilà quelques éléments de la vie quotidienne des travailleuses. Dans ce décor, une simple armoire, une télévision portative ou un poisson rouge dans son aquarium prennent l’allure d’objets luxueux. Voilà ce que signifie vivre avec une vingtaine d’euros par mois au Bangladesh, 35 euros au Sri Lanka ou 45 en Inde. Une fois payés quelques produits d’entretien, une nourriture sommaire et un loyer dérisoire, il ne reste quasi rien pour la santé, l’éducation des enfants, les loisirs ou l’épargne.

Des heures supplémentaires beaucoup trop nombreuses et obligatoires

Gagner plus ? Mais comment ? Travailler plus ? Ces salaires sont déjà le fruit de trop nombreuses heures de travail hebdomadaires. Dans les principaux pays de production de T-shirts, la loi prévoit généralement un horaire de 48 heures par semaine et un maximum de 60 heures, heures supplémentaires incluses. Mais la réalité est bien différente : « Nous devons travailler de 9 heures du matin à 1 heure du matin le jour suivant. Chaque mois nous devons prester trente jours de travail comme celui-ci. » (témoignage d’une travailleuse indienne). La même situation ne prévaut heureusement pas dans toutes les usines, mais l’excès d’heures supplémentaires est une constante du secteur. Autre constante : les heures supplémentaires ne sont pas payées au tarif que prévoit la loi. Elles sont généralement rémunérées au même taux horaire que le travail normal et parfois elles ne sont pas payées du tout. L’employeur ne les comptabilise pas sur la fiche de paie ou instaure un système de quota quotidien de production impossible à atteindre en une journée normale de travail.

Forte répression des syndicats

Former un syndicat dans une usine et défendre les droits des travailleurs est un acte de courage difficile à imaginer pour nous, travailleurs européens qui jouissons de nos droits d’association, d’expression, de négociation collective et de grève... et d’une sécurité sociale « Si nous tentons de créer un syndicat, nous perdrons notre travail » témoignent de nombreux travailleurs au Bangladesh, en Inde ou en Indonésie par exemple. L’arsenal de la répression est classique : mutation de poste de travail, harcèlement, menaces et injures, augmentation des quotas de production, licenciement abusif, etc.

Ceux qui se battent pour le respect de leurs droits et ceux de leurs collègues le font au risque de perdre leur emploi, l’unique revenu de leur famille, et d’être inscrit sur une liste noire de travailleurs à ne pas engager.

En Chine, important pays de production de T-shirts, la loi ne permet pas aux travailleurs de s’associer librement. Seul le syndicat du régime est autorisé et ne joue pas le rôle de défense des droits des travailleurs au sein des usines.

Emplois précaires et mauvaises conditions de travail

Les travailleurs de l’habillement ne disposent que d’une sécurité d’emploi très relative. Dans la plupart des pays de production, il est aisé de licencier un travailleur et les recours en justice sont généralement coûteux, excessivement longs et infructueux.

Dans certains pays, comme l’Inde, l‘Indonésie, le Sri Lanka et la Thaïlande, les employeurs recourent dans des proportions de plus en plus grandes (80% voire 90% de la main-d’œuvre) à des contrats de travail de très court terme ou à des agences fournissant les travailleurs sur demande. Ces pratiques ne se limitent plus à assurer une certaine flexibilité nécessaire aux pics de production par exemple. Il s’agit d’une utilisation qui tend à se systématiser dans le secteur de la confection. Résultat pour les travailleurs : pas de sécurité d’emploi, peur de s’associer en syndicats, salaires encore plus faibles, impossibilité d’obtenir un prêt, etc.

Des usines de T-shirts, il y en a de toutes sortes, de l’atelier familial à l’usine 100% intégrée dans laquelle entrent les balles de coton et d’où sortent des T-shirts emballés et étiquetés. Mais même dans des usines dernier cri, les conditions de travail sont rudes. Bruit, émanations toxiques, poussières, chaleur accentuent la fatigue des travailleurs et menacent leur santé sans compter la limitation des accès à l’eau potable et aux toilettes. L’effondrement de l’usine Spectrum, bâtie en zone inondable et sans permis approprié et les fréquents incendies et effondrement d’usines au Bangladesh ont causé des centaines de morts et de blessés ces dernières années au Bangladesh. L’absence d’issues de secours ou leur encombrement par des caisses et des bidons ont dans ces cas précis contribué à aggraver des accidents qui auraient pu rester mineurs.

Recours au travail d’enfants

Ces dernières années, le travail des enfants a fortement diminué, notamment à Tirupur (Inde), l’un des centres mondiaux de fabrication des T-shirts. Cependant de nombreux enfants travaillent encore dans les petites exploitations informelles auxquelles mêmes de grandes marques ont recours soit en direct, soit la plupart du temps en sous-traitance.

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