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Sumangali : Un système d’exploitation de jeunes indiennes comparable à de l’esclavage

23-05-2011

Des vêtements de grandes marques et enseignes d’habillement sont fabriqués dans des conditions insalubres et d’exploitation par des jeunes filles dans le Tamil Nadu, en Inde du Sud. Pour la plupart âgées de moins de 18 ans et provenant de familles Dalits, ces jeunes filles sont employées dans le cadre du système Sumangali. Dans sa pire forme, ce système d’emploi est comparable à de l’esclavage.

Le rapport “Captured by Cotton”

Le rapport1 publié, ce 20 mai 2011, par SOMO (Centre de recherche sur les entreprises multinationales) et ICN (India Committee of the Netheralnds) le démontre à souhait.

Ce document fait état d’études de cas qui concernent quatre importants groupes industriels, Eastman Global Clothing Exports, KPR Mill, Bannari Amman, and SSM India. Ces entreprises produisent pour des marques et enseignes telles que Bestseller (e.a. Only, Jack &Jones), C&A, Diesel, Inditex (e.a. Zara), Marks & Spencer, Primark, Tommy Hilfiger, et bien d’autres marques et enseignes d’Europe et des Etats-Unis.

Plusieurs entreprises ont pris des initiatives pour éliminer le système du Sumangali, mais des pratiques d’emploi abusives sont encore largement répandues.

Sumangali : Derrière les promesses, un système d’exploitation

Les jeunes filles employées sur base du système du Sumangali sont recrutées avec la promesse d’un salaire décent, d’un hébergement confortable et, argument le plus attractif, de l’octroi d’une somme d’argent considérable à la fin de leur contrat de trois ans. Cette somme varie entre 400 et 800 euros et peut constituer une dote de mariage.

Mais la réalité contraste cruellement avec ces promesses : salaires inférieurs au salaire minimum légal, heures supplémentaires trop nombreuses (des journées de 12 heures ne sont pas exceptionnelles), heures supplémentaires non payées, liberté de mouvement limitée, absence de vie privée, impossibilité de porter plainte ou d’obtenir réparation, conditions de travail insalubres et dangereuses, etc. Cette situation peut être identifiée comme une pire forme de travail d’enfants comme la définit l’Organisation internationale du travail pour des travailleurs de moins de 18 ans. Il s’agit d’une violation évidente des normes de travail internationales et de la loi du travail indienne.

La somme promise en fin de contrat n’est en réalité pas un bonus. Elle est constituée de salaires retenus par l’employeur. Dans plusieurs cas documentés, des jeunes filles ayant achevé leurs trois ans de travail n’ont pas reçu la somme qu’elles étaient en droit de recevoir.

Des jeunes filles « emprisonnées » dans l’usine

La liberté d’action des jeunes filles est sévèrement limitée par des gardes les contrôlant de manière constante. Elles sont obligatoirement hébergées dans des dortoirs sommaires, souvent à l’intérieur même de l’enceinte de l’usine. Cela signifie aussi que les travailleurs n’ont quasi aucune chance de pouvoir contacter des syndicats ou d’autres groupes de défense des travailleurs.

Des entreprises ont pris des initiatives, mais l’exploitation demeure largement répandue

Avant publication, SOMO et ICN ont transmis la proposition de rapport aux entreprises qui y sont nommées. Plusieurs d’entre elles, dont C&A, Oxylane (Décathlon) et Tesco, ont réagi en apportant des informations détaillées qui ont été intégrées dans le rapport final. D’autres entreprises n’ont donné aucune suite ou n’ont répondu que superficiellement. 

Que ce soit grâce à des rapports de recherche d’ONG, des enquêtes journalistiques ou, dans certains cas du fait de leurs propres audits sociaux, marques et enseignes d’habillement sont aujourd’hui conscientes de l’exploitation que représente le système Sumangali. Plusieurs d’entre elles ont pris clairement position contre ces pratiques. Quelques unes ont développé des plans de remédiation pour éliminer les excès liés au système. La recherche de SOMO et ICN montre que depuis Août 2010, des améliorations promises ont été mises en œuvre chez Eastman et KPR Mill. 

Cependant, le système Sumangali et d’autres violations des droits des travailleurs est toujours largement répandu dans l’industrie de l’habillement du Tamil Nadu. Toutes les marques qui s’approvisionnent dans cette région encourent le risque énorme de profiter de travailleurs exploités dans ce cadre.

Les entreprises ont pris conscience, il faut maintenant qu’elles agissent !

Certaines entreprises dont C&A, Bestseller, GAP, Inditex, Primark et Tesco font explicitement état de leur volonté de coopérer avec d’autres entreprises et des organisations de la société civile pour abolir le système du Sumangali. Leurs déclarations publiques semblent prometteuses mais pêchent par l’absence d’un calendrier de mise en œuvre d’actions concrètes.

SOMO et ICN appellent toutes les entreprises qui se fournissent auprès de l’industrie de l’habillement du Tamil Nadu à mettre immédiatement des actions concrètes et concertées pour mettre fin au système du Sumangali et aux autres violations des droits des travailleurs.

SOMO et ICN continueront à surveiller les politiques et pratiques des entreprises en matière de respect des droits des travailleurs dans l’industrie globalisée de l’habillement.

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