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Made in Europe, tout est parfait?

30-10-2012

Rapport d’enquête en Macédoine

Beaucoup d’entre nous ont aujourd’hui conscience que les habits produits en Asie sont souvent synonymes de conditions de travail déplorables. Par opposition, l’Europe, en tant que région de production, bénéficie d’une meilleure réputation et nous semble offrir la garantie de conditions équitables pour les travailleuses et les travailleurs de l’industrie de l’habillement. Pourtant, les recherches de la Déclaration de Berne, qui coordonne la Clean Clothes Campaign en Suisse, montrent une toute autre réalité: la production de vêtements en Europe rime parfois aussi avec exploitation.

Aux portes de l’Union européenne, la Macédoine est extrêmement pauvre et les emplois sont rares. L’Office de la statistique chiffre le taux national de pauvreté à 31%, tandis que le taux de chômage s’élevait fin 2011 à presque 32%. Il n’existe aucun accès gratuit aux soins médicaux de base. Ce n’est que lorsque qu’elles ont un contrat que les couturières et leurs familles peuvent avoir accès au système de soins. En Macédoine, avoir un emploi représente donc bien plus que l’assurance d’un revenu régulier. Les employés vivent dans la peur de perdre leur travail, et personne ou presque n’ose défendre ses droits.

La Macédoine figure parmi les pays européens spécialisés dans la production d’habillement. 535 usines de confection y sont enregistrées. Selon les statistiques officielles, le secteur emploie environ 42.000 personnes. Ce pays offre de nombreux avantages pour les entreprises européennes de vêtements professionnels qui s’y approvisionnent. Relativement aux pays de production asiatiques, sa proximité territoriale avec l’Union européenne réduit les coûts de transport, rend les contrôles qualité plus aisés et facilite les commandes supplémentaires. De plus, la Macédoine compte une main d’œuvre bien formée pour le secteur textile et les petites usines locales sont à même de traiter des commandes de petite quantité. Enfin, le pays affiche un niveau de salaires très bas. Alors que le montant d’un salaire vital pour un ménage de quatre personnes est estimé à 500 euros en moyenne par mois, le salaire minimum légal dans le secteur de la confection textile est de 100 euros en 2012 (soit un salaire horaire de 58 centimes d’euros). Ce minimum légal est inférieur à ceux de la Chine ou de l’Indonésie.

Sur les cinq usines qui ont fait l’objet de l’enquête menée par nos collègues suisses, quatre fournissent des entreprises de vêtements professionnels suisses. La dernière travaille quant à elle avec divers clients du secteur de la mode.

L’enquête s’est révélée plus difficile que prévu. Les employées ont beaucoup hésité à parler de leur quotidien à l’usine, de peur de perdre leur emploi ou d’être réprimées. Ces femmes n’ont accepté de participer aux entretiens qu’à condition de garder l’anonymat. L’équipe de recherche a mené 47 entretiens qualitatifs avec 47 travailleuses (hors de l’usine). Les résultats de ces entretiens révèlent de nombreuses violations des droits humains et du travail au quotidien :

  • La rémunération des travailleuses interrogées ne dépasse pas 20% du montant du salaire vital.
  • Des travailleuses de deux usines ont révélé que, même en faisant des heures supplémentaires, elles ne touchent pas le salaire minimum légal
  • Les travailleuses, même celles des classes de salaires les plus élevées, ont expliqué dépendre de l’agriculture de subsistance pour compléter leur revenu et nourrir leur famille.
  • Selon les travailleuses, les heures supplémentaires sont une pratique courante dans quatre des cinq usines.
  • Dans toutes les usines, les travailleuses ont des contrats à durée déterminée (renouvelés pour la plupart tous les 3 à 6 mois).
  • Aucune des usines n’a de syndicat ou de représentation du personnel.
  • Les travailleuses interrogées ont déclaré souffrir de la chaleur ou du froid, puisque les usines sont à peine climatisées/chauffées.

La Macédoine a un besoin urgent d’investissements: l’industrie vestimentaire pourrait représenter une véritable opportunité de développement pour le pays et sa population, à condition que les entreprises de vêtements professionnels paient un salaire de subsistance aux travailleurs et travailleuses.

Rapport d'enquête en Macédoine "Made in Europe"
Rapport sur les entreprises suisses de vêtements promotionnels

Mise à jour des rapports de la Déclaration de Berne sur http://www.evb.ch/fr/p20156.html

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