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Cambodge - Marks & Spencer doit indemniser les travailleuses de Chung Fai

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Sung Salong travaille pour un fournisseur de H&M et Gap

21-09-2012

Depuis six ans, Sun Salong travaille chez Berry Apparel, une usine de Phnom Penh qui produit des vêtements pour H&M et Old Navy. Comme beaucoup d’employés de la confection au Cambodge, elle a dû quitter sa ville natale pour subvenir aux besoins de sa famille. Mais avec 100 dollars en poche chaque mois (heures supplémentaires comprises), se nourrir et nourrir sa famille est un défi quotidien…

« J’ai commencé à travailler pour Berry Apparel en 2006 en tant que responsable du contrôle qualité. Comme je suis en fin de chaîne, je dois vérifier que tous les points de couture sont parfaits avant d’envoyer les vêtements à l’emballage. C’est un travail exigeant qui demande beaucoup de concentration. Mais malgré tout, ça reste un travail mal payé. Pour joindre les deux bouts il faut faire des heures supplémentaires. »

Avec un salaire mensuel de 80 dollars (61 dollars de salaire de base plus prime d’ancienneté, prime d’assiduité et allocation de subsistance), Salong est obligée de faire des heures supplémentaires. C’est une question de survie pour elle et sa famille.

« Avant 2007, je travaillais souvent 12 heures par jour pour payer les dépenses quotidiennes et envoyer de l’argent à mes parents. Aujourd’hui, on ne peut pas faire plus de deux heures supplémentaires par jour, ce qui me permet de gagner entre 100 et 110 dollars par mois si je ne rate pas un seul jour de travail. Mais les managers essaient toujours de réduire cette somme à chaque fois qu’ils le peuvent, pour la moindre absence, même si on leur présente un certificat médical. Toute « absence légitime » nous coûte deux ou trois dollars, ainsi que la perte de la prime d’assiduité. Si vous ne pouvez pas payer le médecin pour obtenir un certificat médical, l’absence est considérée comme illégitime et vous perdez alors dix dollars. »

Pour économiser sur le loyer, Salong partage une chambre de 2 mètres sur 3 avec trois amies venues comme elle de la province de Kompong Thom pour tenter leur chance dans les usines de confection de Phnom Penh.

« La chambre est minuscule et affreuse. Nous n’avons qu’un seul matelas, une seule moustiquaire et une gazinière pour quatre. Le loyer de cette chambre est de 40 dollars ; chaque personne donne dix dollars par mois, électricité et eau comprises. C’est cher, mais nous avons de la chance car le propriétaire a installé des salles de bain privatives dans les chambres des femmes. On se sent plus en sécurité. La plupart des dortoirs de la zone n’ont pas ce luxe. Le seul problème, c’est que notre chambre se trouve à deux kilomètres de Berry. Comme l’usine ne prévoit pas de transport pour ses employés, je dois marcher quatre kilomètres par jour pour aller à l’usine et en revenir. »

Travailler dix heures par jour et parcourir une telle distance à pied est un réel exploit, compte tenu du régime alimentaire de Salong. Son budget quotidien de 5 500 riels (moins d’un dollar cinquante) lui permet seulement d’acheter du riz, un gâteau salé et une bouteille d’eau.

« Il y a cinq ans, je pouvais acheter beaucoup plus de nourriture pour à peine un dollar. Ça suffisait. Mais maintenant, le prix des aliments ne cesse d’augmenter. Je dois dépenser plus et manger moins. C’est difficile de manger correctement avec un budget si maigre. »

« J’aimerais être suffisamment riche pour pouvoir aller au supermarché ou au restaurant. Tout à l’air délicieux là bas ! Mais je ne me plains pas. La vie est encore plus dure pour ma famille. Parfois ils n’ont pas d’argent pour acheter suffisamment de riz. Mes parents sont vieux et ils ne peuvent plus travailler. Mes petites sœurs et mes petits frères vont encore à l’école et nous devons payer pour leur scolarité. C’est pourquoi j’essaie de leur envoyer au moins 35 dollars par mois, 50 quand je peux me le permettre. »

Comme Salong envoie la majorité de son salaire à ses parents, mis à part la nourriture, elle doit économiser sur d’autres dépenses. « J’essaie de dépenser trois dollars par mois sur les dépenses domestiques comme les produits de toilette, la lessive et les cosmétiques, et j’attends au moins six mois pour acheter de nouveaux vêtements. J’ai la chance d’être en bonne santé, donc je ne dépense pas grand-chose en médicaments, peut-être un dollar par mois. Pour m’en sortir, je dois m’endetter auprès de mes amis ou de l’usurier. En général, je n’emprunte que dix dollars par mois, mais ça peut monter jusqu’à 50 dollars lorsqu’il y a une urgence dans la famille. »

« L’un dans l’autre, comme je n’ai pas d’enfants, je n’aurais besoin que de 150 dollars par mois pour avoir une vie meilleure et envoyer plus d’argent à ma famille. Ça me permettrait aussi d’acheter un livre de temps en temps. Je n’ai pas terminé mes études secondaires, mais j’adore lire et apprendre de nouvelles choses. C’est pour ça que j’ai décidé de rejoindre le Centre d’information pour les femmes. Je veux connaître nos droits, en savoir plus sur les salaires, savoir ce que les managers sont autorisés à faire et ce qu’ils ne peuvent pas faire. Je m’intéresse aussi énormément à la questions de la santé à l’usine. C’est ce que nous apprenons au WIC. Et quand je retourne au travail, je fais part de ces informations à mes collègues et aux syndicalistes. Parfois j’ai peur de ce qu’il pourrait arriver. Certains collègues pourraient me dénoncer au patron et je pourrais avoir des problèmes. Mais je le fais quand même… »

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