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Cambodge - Marks & Spencer doit indemniser les travailleuses de Chung Fai

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Tribunal des Peuples au Cambodge - achACT est sur place. Suivez le fil des évènements!

07-02-2012

HNOM PENH, CAMBODGE - Ce dimanche 5 février s’est ouvert une session du Tribunal Permanent des Peuples sur le droit fondamental des travailleurs de l'industrie de l'habillement à un salaire minimum vital et à des conditions de travail décentes. La première session fut consacrée aux témoignages de travailleurs. Ensuite, ce fut hier au tour des marques présentes (Puma et Adidas) de s’exprimer. achACT et le CNCD sont sur place. Découvrez le récit des évènements.

Pour en savoir plus sur le Tribunal des Peuples
Découvrez la vidéo (teaser) d’annonce de l’évènement

 

JOUR 1
Dimanche 5 février 2012 – Les travailleurs ont la parole

Billet de Carole Crabbé, depuis Phnom Penh

Dimanche à Phnom Penh, seul jour de congé pour les travailleurs de l'habillement. Plus de 200 d'entre eux ont fait la route vers le centre ville pour participer à la session du Tribunal Permanent des Peuples sur leur droit à un salaire minimum vital et des conditions de travail décentes.

Leur arrivée dans le centre de conférence en groupes a quelque chose qui rappelle l'entrée des usines. Mais l'instant est historique et ils, elles le savent. Ça change tout. Devant une audience nationale et internationale, ils vont dire leurs conditions de vie et de travail.

Concrètement, ça veut dire quoi vivre avec un salaire de base de 66 $ par mois. De passer de contrat temporaire de 2 mois en contrat temporaire de 2 mois. Pourquoi deux jours d'affilée, en avril 2011, plus de 100 travailleuses tombent en syncope dans l'usine. Et quels sont les risques qu'encourent les travailleurs qui tentent d'organiser leurs collègues.

Premier témoignage sur la vide des travailleuses : Une jeune femme de 27 ans, travaillant pour Grand Twins International. Elle gagne 66USD par mois, soit l'équivalent du salaire minimum légal. Certains mois, avec les heures supplémentaires, son salaire atteint parfois 80-85 USD. Ses frais de nourriture sont de 75 USD/mois et elle a besoin de 180-185 USD pour sa famille (son mari et son fils). Elle doit souvent emprunter de l'argent à des amis. Elle doit travailler au moins deux heures supplémentaires par jour. Elle demande aux juges qu'un salaire vital soit payé aux travailleurs.
Témoignage n°3: Des évanouissements en masse. En 2011, plus de 2000 travailleurs sont tombés d'inanition en plein travail dans 12 usines du Cambodge. Les trois usines concernées par ce témoignage sont Puma, H&M et Gap. La nourriture n'est pas assez nutritive, les journées de travail sont longues (12 à 14 heures) et, parfois, les travailleuses doivent travailler la nuit, elles restent debout durant le trajet vers le travail. Les calories sont très limitées à cause des bas salaires, elles ne peuvent pas acheter de la nourriture suffisamment riche et nutritive.

Durant le tribunal, quatre témoignages de travailleurs ont été recueillis. Ils abordent 4 problématiques différentes.
Cas n°1 : Des conditions de vie indécentes [VIDEO]
Cas n°2 : Des contrats de courte durée [VIDEO]
Cas n°3 : Des évanouissements collectifs [VIDEO]
Cas n°4 : Des travailleurs font grève [VIDEO]


Bent Gehrt du Workers Rights Consortium, basé en Thaïlande, fera une démonstration simple à couper le souffle qui à chaque étape emportera l'adhésion sonore des travailleuses présentes. Sur un salaire mensuel de 61$ (salaire légal en 2011), une travailleuse paye en moyenne 8$ pour la chambre de 3m sur 5 qu'elle partage avec plusieurs collègues. Elle dépense environ 17$ dans des obligations familiales ou sociales et 5$ en frais personnels (savon, vêtement, etc.). Il lui reste 31$ par mois pour se nourrir, soit un dollars par jour, ou 4000 Rial. 1000 Rial pour le petit-déjeuner, 1000 pour le dîner et 2000 pour le souper. Et que peut-on se procurer pour 1000 Riel à la pause de 11 heure sur les échoppes qui entourent l'usine ? La soupe à 500 Rial pardi! (0,12 $). Transparente, vendue dans un sac en plastique noué. Et que contient cette soupe à 500 Rial, alors qu'un kilo de poulet coûte 21.000 Rial et le choux 2300 Rial par kilo. La recette du vendeur de soupe : Approchez les vendeurs de légumes en fin de journée pour leur acheter à prix discount les légumes qui ne seront plus vendables le lendemain. Ajouter un peu de protéines sous forme d'un petit morceau de poisson ou une carcasse de poulet. Ajouter plein d'eau. C'est prêt!

Une ration d'une telle soupe pèse 200 g et procure en moyenne 152 Kcalories. La travailleuse l'accompagnera de 250 g de riz blanc. En tout le diner procurera 572 Kcalories. Une femme active a besoin d'au moins 2200 Kcalories par jour, soit 733 Kcalories par repas. Elle n'y arrivera pas pour le diner, pas non plus pour le petit-déjeuner et sans doute à peine pour le souper.

Est-ce donc là la raison des syncopes collectives qui ont touché plusieurs milliers de travailleurs de l'habillement au Cambodge en 2011 ? Ce pourrait bien l'être.

Des représentants des marques invitées ont annoncés leur présence. Il s'agit d'Adidas et de Puma. Malheureusement ils n'arriveront que le second jour de la session. Ils n'étaient pas là pour entendre les témoignages. Dommage.

 

JOUR 2
Lundi 6 février 2012 – Puma et Adidas à la barre

"Puma say average total wage including overtime in its Cambodian factories is $104. A living wage is $174. (Note skewed scale on graph in the presentation...)"

Extrait de la page Facebook de l’Asia Floor Wage au Cambodge

JOUR 4
Mardi 8 février 2012 - Le Verdict

Verdict du Tribunal des Peuples : constat du déni systématique de la dignité humaine des travailleurs

Le Tribunal Permanent des Peuples sur les droits des travailleurs de l'habillement à un salaire vital a prononcé son verdict aujourd'hui, à Phnom Penh.

Les conclusions des juges, issus de trois continents pressent les marques et enseignes de l'habillement à prendre immédiatement des mesures pour mettre fin à l'état de pauvreté dans lequel sont maintenus les travailleurs de l'habillement. Le jury recommande que les acheteurs internationaux aillent au-delà des « bonnes intentions » et tiennent compte en priorité du respect des droits humains dans leurs pratiques d'approvisionnement et dans la fixation des prix payés aux fournisseurs.
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