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Black Friday, Cyber Monday, la fast fashion se déploie en ligne

27-11-2019

Impossible de passer à côté. Depuis plusieurs semaines, le matraquage publicitaire annonce la grand-messe annuelle de la consommation de masse : le Black Friday, ses prix cassés et ses achats compulsifs, suivi de près par le Cyber Monday, dans la même veine.

Si l’on retrouve l’action commerciale dans les enseignes et les magasins traditionnels, c’est surtout en ligne que cela se passe. L’occasion de jeter un œil sur les pratiques commerciales des géants du e-commerce : Amazon, Alibaba ou Zalando.

 

La conquête du pouvoir

Le 11 novembre dernier, le Singles’ Day, journée de célébration des célibataires, devenu LE jour de la vente en ligne en Chine, a permis à Alibaba, n°1 chinois du e-commerce, de générer près de 35 milliards d’euros en volume d’affaires. 11 milliards d’euros ont été générés la première heure. Selon le groupe Alibaba, 15 entreprises présentes sur la plateforme auraient atteint chacune au moins 130 millions de volume d’affaires parmi lesquelles les enseignes de mode H&M, GAP, Levi’s, The North Face, Under Armour et Uniqlo.

Des chiffres qui donnent le vertige et qui révèlent la puissance des géants du e-commerce. Les Black Friday et Cyber Monday à venir s’inscrivent dans cette frénésie commerciale et visent chaque année de nouveaux records de vente. 

Des « gatekeepers » à investir ou à contourner

Dans ce paysage numérique, les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) d’érigent en gardiens incontournables de l’accès à la clientèle sur internet. Les marques et les enseignes traditionnelles doivent se positionner stratégiquement vis-à-vis de ces mastodontes d’internet. Après l’avoir testé quelques temps, certaines marques ont finalement décidé de se retirer d’Amazon, ce fut le cas de Nike à la mi-novembre suivie d’Ikea quelques jours plus tard.

Avec des délais de livraison allant jusqu’à l’heure pour Amazon combiné à de la publicité ultraciblée et omniprésente, les géants du e-commerce appuient sur l’accélérateur de la fast fashion.

Des événements commerciaux tels que le Black Friday participent à cette accélération. Toujours plus, toujours plus vite, toujours moins cher, au profit d’acteurs tels que Amazon, Alibaba et Zalando dont la position dominante s’accentue d’année en année.

Impacts sur les filières d’approvisionnement

Dans le monde selon Amazon ou Alibaba, le business model basé sur une croissance infinie est poussé à son paroxysme. Il vise une globalisation encore plus accrue des marchés et une course sans limite pour réduire le temps et les distances. La logistique, l’entreposage et le transport prennent une place maitresse dans le « système e-commerce » et transforment ainsi les filières d’approvisionnement.

L’emploi et les conditions de travail sont impactés dans les pays de production, de transit et de consommation. Les travailleur·euse·s font face à des cadences effrénées, de la pression constante, des problèmes de santé. L’emploi est ubérisé, les contrats d’intérim ou de courte durée deviennent la norme. Des pertes d’emplois accompagnent ces transformations, notamment liées à l’automatisation de certaines étapes de travail.

En perspective des Black Friday et Cyber Monday, les quotas et délais de production et de livraison sont encore plus élevés, au même titre que la pression sur les travailleur·euse·s concerné·e·s à toutes les étapes de la chaîne.

Une absence de réglementation

Déjà très faible en ce qui concerne le commerce traditionnel, aucune réglementation ne prévoit par exemple la mention du pays d’origine dans les descriptifs des produits vendus en ligne. Ce manque de transparence empêche de savoir qui fabrique les produits et dans quelles conditions. L’évaluation des risques de violation des droits humains dans la filière est impossible. Les travailleur·euse·s sont davantage exposé·e·s aux risques d’abus de leurs droits fondamentaux.

Le 15 novembre, Amazon publiait volontairement la liste de 1000 unités de production de produits de sa propre marque. Un premier pas vers la transparence néanmoins insuffisant puisque cette liste est peu accessible et qu’elle reste vague à propos des produits concernés par chaque usine citée.

Par ailleurs, beaucoup d’autres « vendeurs tiers » recourent aux plateformes de e-commerce pour vendre leurs produits, qu’il s’agisse de marques connues ou de très petits revendeurs ou fabricants, tous échappent à l’œil des travailleur·euse·s et des consommateur·rice·s qui souhaitent remonter leurs filières.

Dans les filières de production des marques appartenant à Amazon et à Zalando, une étude publiée en juin 2019 par la Clean Clothes Campaign révèle qu’aucune démarche crédible ou sérieuse n’est entreprise pour qu’un salaire vital soit payé aux travailleur·euse·s. Les deux entreprises ont par ailleurs refusé de répondre à l’enquête.

Des enjeux environnementaux colossaux

Si l’industrie de l’habillement est déjà l’une des plus polluantes au monde, les impacts environnementaux du e-commerce viennent s’y ajouter lorsque l’achat se fait en ligne. Les conséquences écologiques sont liées aux transports aérien et routier, à l’emballage (en colis individuels notamment) ou encore à la gestion (ou la destruction) des retours et des invendus. L’environnement souffre également de l’implantation de hangars et de la création de nouvelles routes sur des terres agricoles ou sur lesquelles la biodiversité est à protéger.

Alibaba à Bierset

En Belgique, avec l’annonce récente de l’arrivée d’Alibaba via sa filiale Cainiao à l’aéroport de Bierset, en province de Liège, bien des enjeux environnementaux et sociaux sont soulevés par le collectif Watching Alibaba. À travers diverses actions ou interpellations, des citoyen·ne·s et collectifs militants liégeois se mobilisent pour dire non à Alibaba.

En cette veille de Black Friday, achACT en appelle à résister à la frénésie de ces événements de la surproduction et de la surconsommation. Nous sommes solidaires à l’égard des travailleur·euse·s qui en font les frais.


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