Vous êtes :  Accueil > Actualités

17 octobre 2019 - Suivi d'action de janvier 2019

recherche
par marque

A.S. AdventureAdidasAldi
AppleAsics
B&CBel&BoBenetton
BershkaC&A
CarrefourCasinoCassis
ChampionCharles Vögele
ColruytCora
Diadora
DieselDisneyDreamland
E5 ModeEsprit
FilaFilippa K
G-StarGapGsus Industry
H&MHasbro
HemaHitachiHTC
InditexInno
InWearJack&JonesJBC
Kappa
LacosteLeeLevi's
LG ElectronicsLidlLola&Liza
LottoM&S Mode
MangoMarks & SpencerMassimo Dutti
MattelMaxitoysMayerline
Mer du NordMexxMizuno
MotorolaNew Balance
New YorkerNikeNitendo
NokiaO'NeillOlivier Strelli
OnlyOtto
PaprikaPimkiePlayStation
PremamanPromod
Pull & BearPumaReebok
RIMRiver Woodss.Oliver
SamsungScapa Sports
Sony EricssonSpeedoSpringfield
Street OneSuperdry
Talking FrenchThe Cotton Group
ToysRusTrafic
TriumphUmbroUterquë
Vero Moda
WEWilson
WranglerXboxZara
Zeeman

par produit

Ballons de footConsole de jeuxGSM
JeansJouetOrdinateur portable
SmartphoneTablettesVestes
Vêtements de modeVetements et chaussures de sportVêtements promotionnels

Communiqué de Presse // réponse à Karl-Johan Persson PDG H&M

31-10-2019

Karl-Johan Persson, PDG du groupe H&M met en garde[1] : si les consommateur·rice·s renoncent à la fast fashion en réponse aux enjeux climatiques, les “conséquences sociales [seront] terribles.” Dans sa vision, Persson considère qu’une baisse de la consommation et donc de la production de la fast fashion augmenterait la pauvreté puisque cela freinerait l’emploi et la croissance économique. Une telle vision est inacceptable, absurde voire trompeuse. Elle nie les impacts sociaux et environnement évidents de l’industrie de la fast fashion. Opposer les enjeux environnementaux aux enjeux sociaux est dangereux.

La fast fashion entraîne et intensifie la pauvreté

L’industrie mondiale de l’habillement se base sur l’exploitation du travail dans les pays à bas salaire. C’est la soif de profit des marques et des enseignes de mode qui crée la pauvreté, pas les préoccupations environnementales. Salaires de misère, insécurité, conditions de travail indignes et répression syndicale sont les fondements du business model dominant qui maximise le profit des entreprises de l’habillement.  

La richesse de Persson est estimée 1,9 milliard[2] de dollars alors qu’au Bangladesh, où H&M est l'un des plus gros acheteurs de vêtements, le salaire moyen d'une travailleuse de l'habillement est d'environ 1 000 dollars[3] par an. Dans son rapport de 2018 Reward work, not wealth Oxfam avait calculé « Il faut en moyenne environ 4 jours de travail pour le PDG d’une des 5 plus grandes entreprises du secteur de l’habillement pour gagner ce qu’une travailleuse d’une usine de confection au Bangladesh gagnerait en une vie ».

achACT interpelle régulièrement le géant mondial de la fast fashion pour qu’un salaire vital[4] soit payé aux travailleur·euse·s de sa filière d’approvisionnement. En 2018, la campagne Turn around H&M[5] rappelait justement à l’entreprise ses engagements non-tenus en matière de salaire vital. Une résolution d’actionnaire[6] déposée devant l’Assemblée générale d’H&M par la Clean Clothes Campaign (réseau international d’achACT) proposait même l’abandon des dividendes de 2018 au profit d’un fonds spécial qui serait dédié à payer un salaire vital aux travailleur·euse·s des fournisseurs de l’enseigne. Cette proposition avait été rejetée.

La crise climatique touche les travailleur·euse·s de l'habillement

Opposer les luttes contre la crise climatique et celles contre l'exploitation du travail est inacceptable. Ces luttes sont interdépendantes. Ce sont souvent les mêmes personnes qui sont le plus violemment affectées par leurs impacts respectifs. Les effets du changement climatique sont l’une des raisons qui poussent des populations à se déplacer vers les zones urbaines où beaucoup de femmes se retrouvent exploitées dans l'industrie du vêtement pour assurer la survie de leurs familles. L'ONU souligne que ce sont les citadin·e·s pauvres du Sud, vivant près de terrains pollués ou dans des structures instables, qui sont les plus vulnérables aux effets de la crise climatique[7].

Les entreprises doivent radicalement changer leur business model pour payer davantage les travailleur·euse·s, réduire la production et la consommation et redistribuer la valeur. Ce n'est que lorsque les entreprises donneront la priorité aux personnes et à la planète avant le profit que l'élimination de la pauvreté sera possible.

« Pour réduire les dommages causés à l'environnement, l'une des solutions consiste à produire moins et à consommer moins de matières premières naturelles et à pratiquer une économie circulaire. H&M doit payer un salaire vital à tou·te·s les travailleur·euse·s de l'habillement qui produisent pour H&M dans le monde entier, dès maintenant. » May Wong, Clean Clothes Campaign East Asia Coalition.

Contraindre les marques et les enseignes de mode à respecter les droits des travailleur·euse·s et l’environnement

Dans le cadre de sa campagne en cours mes basics #DroitsHumains[8], achACT a publié un rapport[9] relatif à l’échec des audits sociaux dans leur mission de faire respecter les droits humains dans les filières d’approvisionnement. Ce rapport déconstruit les stratégies des marques qui recourent à des initiatives unilatérales et volontaires de « Responsabilité sociale » bien plus pour protéger leur image que les droits des travailleur·euse·s. achACT y montre, études de cas à l’appui, le décalage entre les déclarations et engagements éthiques pris par les marques et les enseignes de mode et la réalité vécue par des millions de travailleur·euse·s dans les usines de confection des vêtements.

« On ne peut pas faire confiance aux marques pour s'autoréguler. Des réglementations contraignantes et le renforcement des travailleurs et des travailleuses sont les seuls mécanismes qui peuvent garantir que les marques et enseignes prennent leur responsabilité au sérieux, qu'une diligence raisonnable soit exercée et que la vie des travailleuses et l’environnement soient protégés ». Jessica Blommaert, chargée de plaidoyer et d’expertise à achACT.

  • Plus d'infos sur la campagne mes basics #DroitsHumains

[1] https://www.bloomberg.com/news/articles/2019-10-27/h-m-ceo-sees-terrible-fallout-as-consumer-shaming-spreads

[2] https://www.forbes.com/profile/karl-johan-persson/#16eded0b2b48

[3] https://wageindicator.org/salary/minimum-wage/bangladesh/archive/minimum-wages-in-bangladesh-with-effect-from-01-12-2018 sur base du nouveau salaire minimum de 8000 Taka par mois.

[4] http://www.achact.be/Salairevital-kesako.htm

[5] http://www.achact.be/turnaroundhm?fbclid=IwAR2KCTY-aaVCNw_6hHpmd3uErpnO59Gd2x6jSsd-wRPX2XKg9KV8kUcZ3tQ

[6] http://www.achact.be/news-info-315.htm

[7] http://unhabitat.org/urban-themes/climate-change/

[8] http://www.achact.be/droitshumains.htm

[9] https://drive.google.com/file/d/1jWZ0NctbqDJOClmo01XwYCrXPlfn7RbJ/view

25 organisations membres

avec le soutien de

réseaux internationaux