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L'échec des audits sociaux

09-10-2019

L’ÉCRAN DE FUMÉE DE LA MODE : COMMENT L'AUDIT SOCIAL PROTÈGE L’IMAGE DES MARQUES PLUTÔT QUE LES TRAVAILLEUR·EUSE·S

Depuis 30 ans, les audits sociaux commandités par les marques et les enseignes de mode auprès de leurs fournisseurs échouent dans leur mission de protéger les droits humains et d’améliorer les conditions de travail dans les filières d’approvisionnement. Ils servent d’écran de fumée aux nombreuses violations des droits humains perpétrées tout au long des filières de production. 

Le rapport « L’écran de fumée de la mode » publié par achACT met en perspective une recherche approfondie et des études de cas réalisés par la Clean Clothes Campaign. Il se base notamment sur plusieurs accidents mortels qui ont eu lieu dans l’industrie de l’habillement ces dernières années en dépit d’audits sociaux censés identifier les problèmes de santé et de sécurité au travail.

Des cas concrets tels que l’effondrement du Rana Plaza au Bangladesh en 2013 qui a fait 1.138 morts et plus de 2.000 blessés, l’incendie de l’usine Ali Entreprises au Pakistan en 2012 qui a fait 300 morts et plus de 50 blessés, ou encore l'explosion d'une chaudière en 2017 dans l'usine Multifabs au Bangladesh, tuant et blessant des dizaines de travailleur·euse·s sont la preuve que les audits sociaux n’empêchent pas des catastrophes prévisibles de se produire. Ces usines avaient en effet été inspectées par des firmes d’audit social, des rapports d’audits avaient été dressés mais les problèmes n’avaient pas été détectés ou n’avaient pas donné suite à des mises aux normes, alors qu’ils étaient bel et bien visibles.

Les sociétés d’audits et les initiatives de mise en conformité sociale « business-driven » comme, SAI, WRAP, FLA et amfori BSCI, n’ont pourtant subi que très peu d’effets négatifs suite à ces graves accidents. L’audit social est et reste un marché très lucratif pour les principales sociétés commerciales qui les réalisent : plusieurs millions de dollars de chiffre d’affaires annuel (pour UL ou RINA par exemple) voire plusieurs milliards de dollars (pour Bureau Veritas, TÜV Rheinland, SGS, ELEVATE).

Les problèmes inhérents au système d’audit privé commercial sont nombreux : fraude, corruption, pressions, manque de transparence, peu de moyens dédiés aux visites de terrain, très faible implication des travailleu·euse·s concernés.

Le système des audits sociaux doit être revu en profondeur. achACT recommande par exemple que les travailleur·euse·s jouent un rôle central dans les programmes d’audit social et disposent des rapports d’audits les concernant et que les marques et enseignes mettent fin à leurs pratiques d’approvisionnement et d’achat irresponsables qui maintiennent les travailleur·euse·s dans la pauvreté.

Le recours à des audits sociaux ne pourra être réellement efficace que s’il s’inscrit dans un cadre contraignant. Les Etats doivent obliger les entreprises sous leur juridiction à exercer effectivement un devoir de vigilance en matière de droits humains.

Lire le Rapport d'achACT: L’Écran de fumée de la mode : Comment l'audit social protège l’image des marques plutôt que les travailleur·euse·s

Consulter le Rapport détaillé de la Clean Clothes Campaign (en anglais) « Fig Leaf for Fashion : How social auditing protects brands and fails workers »  rédigé par Ilona M. Kelly, Christie Miedema, Ben Vanpeperstraete, Ilana Winterstein, publié en Septembre 2019

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