Vous êtes :  Accueil > Actualités

Soutenez les travailleurs.euses d’ATG, leader du gant industriel

recherche
par marque

A.S. AdventureAdidasAldi
AppleAsics
B&CBel&BoBenetton
BershkaC&A
CarrefourCasinoCassis
ChampionCharles Vögele
ColruytCora
Diadora
DieselDisneyDreamland
E5 ModeEsprit
FilaFilippa K
G-StarGapGsus Industry
H&MHasbro
HemaHitachiHTC
InditexInno
InWearJack&JonesJBC
Kappa
LacosteLeeLevi's
LG ElectronicsLidl
Lola&LizaLottoM&S Mode
MangoMarks & SpencerMassimo Dutti
MattelMaxitoysMayerline
Mer du NordMexxMizuno
MotorolaNew Balance
New YorkerNikeNitendo
NokiaO'NeillOlivier Strelli
OnlyOtto
PaprikaPimkiePlayStation
PremamanPromod
Pull & BearPumaReebok
RIMRiver Woodss.Oliver
SamsungScapa Sports
Sony EricssonSpeedoSpringfield
Street OneSuperdry
Talking FrenchThe Cotton Group
ToysRusTrafic
TriumphUmbroUterquë
Vero Moda
WEWilson
WranglerXboxZara
Zeeman

par produit

Ballons de footConsole de jeuxGSM
JeansJouetOrdinateur portable
SmartphoneTablettesVestes
Vêtements de modeVetements et chaussures de sportVêtements promotionnels

Roumanie : L´Union Européenne doit faire respecter un salaire vital!

21-05-2019

Roumanie

L’Union européenne doit faire respecter un salaire vital dans l’industrie de l’habillement

14% du salaire vital, c’est ce que touche en Roumanie les travailleuses de l’industrie de l’habillement ! Ce chiffre est relevé dans le nouveau rapport d'achACT. Dans le monde, la plupart des travailleuses et des travailleurs de l’industrie de l’habillement ne gagnent pas un salaire vital. Et c’est aussi le cas en Europe et notamment en Roumanie. Le salaire y correspond à peine à 14% du salaire qui permettrait à leur famille de vivre décemment. Pour survivre, beaucoup doivent travailler sur le côté, emprunter de l’argent ou compter sur l’aide d’un proche qui migre à l’étranger. Il est clair que marques et enseignes européennes d’habillement profite de cette situation. Plutôt que d’éradiquer la pauvreté, elles participent à la créer.

La Roumanie, le plus grand pays de production de vêtements d’Europe

De nombreuses marques et distributeurs de vêtements d’Europe occidentale, de la fast fashion aux vêtements de travail, en passant par des enseignes de luxe, se fournissent dans des usines Roumaines (Notamment Armani, Aldi, Asos, Benetton, C&A, Dolce Gabbana, Esprit, H&M, Hugo Boss, Louis Vuitton, Levi Strauss, Next, Marks & Spencer, Primark et Zara (Inditex)). Les vêtements "Made in Romania" sont destinés principalement à l'Italie, au Royaume-Uni, à l'Espagne, la France, l'Allemagne et la Belgique.

Dans une recherche menée en Roumanie (ENG) par le réseau international d’achACT, la Clean Clothes Campaign (CCC), il ressort que les travailleurs et les travailleuses, largement majoritaires, ne touchent environ que 208 euros nets par mois, soit 14% d’un salaire vital (1). Leur salaire n’atteint pas le salaire minimum légal fixé à 249 euros par mois en Roumanie, lui-même inférieur au seuil de pauvreté établi par l’UE pour ce pays (283 euros). Un salaire vital serait d’environ 1.448 euros nets par mois.

De nombreuses travailleuses interrogées témoignent des difficultés auxquelles elles doivent faire face pour subvenir aux besoins de leur famille. Leur revenu est bien souvent la source financière principale du ménage. Et pourtant, malgré les heures supplémentaires – souvent impayées- et le rythme de travail insoutenable qui affaiblissent leur santé, la plupart doivent recourir à des prêts d’argent pour pouvoir s’en sortir et faire face à des besoins de base tels que le loyer de leur logement, le chauffage et les soins de santé. La majorité cultive ses propres légumes et élève des animaux afin de pouvoir se nourrir. Des membres de leur famille n’ont d’autre choix que de migrer vers l’Europe occidentale pour trouver des emplois – souvent précaires- et aider ceux restés au pays.

« Comment vivons-nous ?! Comment peut-on vivre avec un salaire minimum ? Avec beaucoup de difficulté, bien sûr. Lorsque je perçois mon salaire, je rembourse les mensualités de mon prêt. Je paye 450 RON (94€) pour mon loyer, je paye mes charges et il ne me reste plus rien. J'appelle donc ma famille pour emprunter de l'argent à nouveau », témoigne Silvia, une travailleuse interrogée pour la recherche.

Le droit à un salaire vital, un droit humain bafoué dans l’industrie du vêtement

Des salaires de misère qui maintiennent les personnes dans la pauvreté, cela constitue une violation des droits humains très courante dans l'industrie du vêtement à travers le monde. Il s’agit pourtant d’un droit fondamental reconnu notamment dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Ce droit est même largement repris dans les propres codes de conduite des marques. Mais, faute de cadre contraignant, ce droit est loin d’être respecté. Pourtant, en vertu des Principes Directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’Homme, les entreprises ont la responsabilité de respecter les droits humains et de mettre en œuvre une « diligence raisonnable ». Elles doivent ainsi identifier, prévenir et remédier aux risques de violations des droits, y compris dans leurs filières d’approvisionnement. Et, toujours sur base de ces mêmes principes, les États ont l’obligation de respecter les droits fondamentaux, y compris le droit à un salaire vital, et de les protéger, y compris contre les violations commises par des entreprises.   

Une nécessaire régulation des entreprises pour respecter les droits humains, y compris celui à un salaire vital

Au sein de l’UE, les salaires varient fortement d’un pays à l’autre. Certains, comme la Roumanie, fixent même le salaire minimum légal en-dessous du seuil de pauvreté de référence européen. Actuellement, le salaire minimum légal dans les pays producteurs de vêtements est loin d’« assurer un niveau de vie décent » comme le prévoit pourtant le pilier européen des droits sociaux. De leur côté, les entreprises qui se fournissent dans des pays comme la Roumanie n’assument pas leur responsabilité de payer un salaire vital aux travailleuses et aux travailleurs de leurs fournisseurs.

Il est donc urgent que l’Union européenne agisse et se dote d’une politique sur le salaire minimum européen qui ne devrait en aucun cas se situer en-dessous du seuil de pauvreté EU SILC et qui devrait tendre vers 60% du salaire médian dans le pays européen concerné. C’est en ce sens qu’achACT a interpellé récemment les candidat·e·s belges francophones, têtes de listes au Parlement européen.

« Plus largement, l’Union européenne devrait mettre en place un cadre contraignant obligeant les entreprises européennes à respecter effectivement les droits humains des travailleuses et des travailleurs de leurs filières d’approvisionnement, dont le droit à un salaire vital mais également le droit à la vie et à la liberté syndicale », déclare Jessica Blommaert, chargée d’expertise et de plaidoyer d’achACTachat.

Ressources :

La synthèse du rapport sur la Roumanie en français, avec illustrations et photos

- Le rapport complet en anglais

- Plus d’informations sur le salaire vital au niveau régional européen :

- Appel d'achACT aux candidats aux élections du Parlement européen, avec des informations plus détaillées sur les salaires et le seuil de référence pour la pauvreté

Lire aussi : "Pays d'Europe centrale et orientale : bienvenue au paradis des bas salaires !" que nous avions publié en novembre 2017

 

[1] Le salaire vital doit permettre de couvrir les besoins de base tels que le logement, la nourriture, les soins de santé, l’habillement, les transports, l’éducation et l’épargne.

[2] Le témoignage complet de Silvia, en FR

[3] Ce droit est par ailleurs également reconnu dans la Charte sociale européenne.

[4] Pilier européen des droits sociaux, chapitre II, 6 " Les salaires" : « Les travailleurs ont droit à un salaire juste permettant un niveau de vie décent. Les salaires minimum appropriés doivent être garantis, à un niveau permettant de satisfaire aux besoins du travailleur et de sa famille compte tenu des conditions économiques et sociales du pays, tout en sauvegardant l'accès à l'emploi et les incitations à chercher un emploi. Il conveint d'éviter le phénomène des travailleurs pauvres. (...) ".  

[5] EU-SILC (European Union Statistics on Income and Living Conditions) est un instrument européen collectant des statistiques comparables au niveau des revenus, de la pauvreté, de l’exclusion sociale et des conditions de vie des pays de l’UE.


25 organisations membres

avec le soutien de

réseaux internationaux