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Bangladesh - IKEA, The North Face et Abercrombie doivent signer l’ACCORD

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H&M-Rapport développement durable - Quid de sa promesse d'un salaire vital

18-04-2018

H&M a publié ce 12 avril son rapport de développement durable 2017. C’est l’occasion pour achACT de faire le point sur la mise en œuvre par l’entreprise de son engagement pionnier en matière de salaire vital. En 2013, en effet, H&M déclarait qu’à l’horizon 2018 toutes les travailleuses et tous les travailleurs employés dans les usines de confection où s’approvisionne l’enseigne seraient payés un salaire vital équitable. 2018, c’est maintenant. Et que dit le rapport d’H&M à ce sujet ?

Des promesses qui se dégonflent

La meilleure manière d’atteindre ses objectifs…c’est de les modifier et de les rendre progressivement moins ambitieux. Depuis sa déclaration de 2013, H&M n’a eu de cesse de reformuler son engagement en matière de salaire vital. En 2013, dans sa déclaration initiale le leader mondial annonçait à grand fracas sa volonté d’assumer la responsabilité du respect du droit à un salaire vital des 850 000 travailleurs employés dans ses filières d’approvisionnement.

Peu de temps après avoir rendu publique cette promesse salariale, H&M a reformulé celle-ci de manière moins ambitieuse : H&M a précisé qu'elle mettrait en place des « mécanismes » permettant le paiement de salaires vitaux à au moins 80% des travailleurs de sa filière d'approvisionnement.

L’objectif tel qu’énoncé dans le rapport 2017 est encore bien moins ambitieux, l’enseigne s’engage aujourd’hui à ce que des systèmes améliorés de gestion salariale soient mis en place dans des usines assurant ensemble 50% de son approvisionnement en volume. Non seulement, rien ne garantit que ces systèmes améliorés assurent le paiement effectif d’un salaire vital, mais de plus ils concerneront bien moins de travailleurs. Pis encore, H&M reporte sa responsabilité sur ses fournisseurs, évitant ainsi à s’engager à les payer un prix qui rende effectivement possible le paiement d’un salaire vital aux travailleurs.

L’absence de références et d’’impacts salariaux chiffrés

Dans cette édition de son rapport, contrairement aux précédentes, achACT n’a décelé aucune donnée sur les niveaux de salaire dans les usines des fournisseurs d’H&M. H&M serait-elle embarrassée de ne pouvoir démontrer aucune évolution sensible des salaires ? Il est en tout cas impossible dans ces circonstances d’évaluer si les efforts d’H&M en matière de systèmes de management ou en termes de promotion du dialogue social au sein des usines se sont traduits en augmentations des niveaux de salaires.

H&M reste également très vague lorsqu’il s’agit d’identifier et de mesurer dans ses propres pratiques d’approvisionnement les changements nécessaires pour mettre ses fournisseurs en capacité de payer un salaire vital. Le rapport 2017 n’apporte pas d’éléments nouveaux sur la manière dont H&M procède pour adapter ses pratiques (par exemple en développant une méthode de fixation des prix, en valorisant ses fournisseurs qui démontrent leur volonté d’augmenter les salaires, etc.). Le rapport ne contient pas non plus d’informations détaillées sur les efforts accomplis et les impacts du programme ACT sur les pratiques d’approvisionnement de ses entreprises membres, dont H&M.

Enfin, H&M met en avant l’élection de représentants des travailleurs au sein des usines de ses fournisseurs. H&M rapporte ainsi que toutes les unités de fabrication de vêtements situées au Bangladesh ont procédé à des élections démocratiques. Au total 2 882 personnes ont été élues dont 40% de femmes. Mais ce faisant H&M fait référence à des Comités de participation des travailleurs et non pas à une réelle représentation syndicale. Des syndicats locaux et des ONG au Bangladesh considèrent que ces comités peuvent être source de problèmes car ils sont souvent contrôlés par la direction de l’usine. Il n’existe pas de coordination nationale de ces comités, ce qui affaiblit leur position. Enfin ces comités ne peuvent pas négocier de conventions collectives.

En attendant

Selon les informations dont dispose achACT, les salaires moyens pratiqués dans les usines qui fournissent H&M au Bangladesh, au Myanmar, au Cambodge et en Inde ne sont actuellement que légèrement supérieurs au salaire minimum légal sectoriel. Au Bangladesh, par exemple, H&M affirme que les travailleurs de ses fournisseurs gagnent en moyenne 87$ par mois, ce qui est même en-dessous du seuil de pauvreté fixé à 88$ par mois par la Banque mondiale. En raison des bas salaires, les travailleuses et leurs enfants souffrent de malnutrition. Des syndicats au Bangladesh estiment qu’il faudrait tripler le salaire minimum légal afin de permettre à la travailleuse et sa famille d’accéder à une alimentation saine, un logement convenable, aux soins médicaux et à l'éducation pour les enfants.

H&M a les moyens de radicalement changer cet état d’exploitation des travailleurs de l’habillement. La seule fortune personnelle de son président Stefan Persson, quelque 19,9 milliards de dollars, suffirait à payer un salaire vital à tous les travailleurs des filières d’habillement de H&M au Bangladesh pour les trente prochaines années. Il coûterait à H&M seulement 1,9% de son bénéfice net 2016 (plus de 2 milliards de dollars) pour payer à tous ses travailleurs au Cambodge les 78$ supplémentaires chaque mois dont ils auraient besoin pour atteindre un salaire vital.

Lien vers le Rapport H&M de développement durable (en anglais)

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