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Cambodge - Marks & Spencer doit indemniser les travailleuses de Chung Fai

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Black Fridays tous les jours pour les travailleuses d’H&M

25-11-2017

Il y a quatre ans jour pour jour, H&M lançait une promesse qui, si elle est tenue, modifierait radicalement les règles du jeu dans l’industrie de l’habillement. Le 25 novembre 2013, l’enseigne  promettait de payer d'ici 2018 un « salaire vital équitable » aux travailleuses et travailleurs des usines qui confectionnent ses vêtements. L'année 2018 approchant à grands pas, achACT est impatient de connaître le jour où chaque travailleuse et chaque travailleur qui fabrique des vêtements pour H&M sera payé un salaire vital.


Une promesse salariale remarquable…

H&M payant réellement un salaire vital aux travailleuses et travailleurs de sa filière d’approvisionnement, ce serait vraiment extraordinaire, car jusqu'à aujourd'hui, les salaires de pauvreté restent la norme dans l'industrie mondiale du vêtement, y compris dans la filière d'approvisionnement de H&M. Les travailleuses du secteur de la confection reçoivent des salaires qui ne correspondant pas à un salaire vital, çàd un salaire qui leur permettrait d’assurer une vie décente à leur famille : accès à une alimentation saine, à un habillement approprié, à un logement convenable, aux soins médicaux, à l'éducation, au transport et à la constitution d’une épargne mobilisable en cas d'imprévus.

Au cours des quatre dernières années, H&M est resté particulièrement opaque sur les initiatives que l’enseigne aurait prise pour mettre en œuvre un « salaire vital équitable ». Sa promesse ne serait-elle qu’un coup de pub pour calmer les inquiétudes grandissantes du public vis-à-vis de l’impact de la fast fashion dont H&M est un leader incontesté ? Actuellement, les salaires moyens pratiqués dans les usines qui fournissent H&M au Bangladesh, au Myanmar, au Cambodge et en Inde ne sont que légèrement supérieurs au salaire minimum légal sectoriel. Au Bangladesh, par exemple, H&M affirme que les travailleurs de ses fournisseurs gagnent en moyenne 87$ par mois, ce qui est même en-dessous du seuil de pauvreté fixé à 88$ par mois par la Banque mondiale. En raison des bas salaires, les travailleuses et leurs enfants souffrent de malnutrition. Les estimations du montant d’un salaire vital au Bangladesh varient d’une source à l’autre (voir à ce propos la note en fin de communiqué). Mais en moyenne, on estime qu’il faudrait tripler le salaire minimum légal afin de permettre à la travailleuse et sa famille d’accéder à une alimentation saine, un logement convenable, aux soins médicaux et à l'éducation pour les enfants. La situation désastreuse des travailleurs qui fabriquent des vêtements pour H&M au Bangladesh est devenue publique en décembre 2016 quand des milliers de travailleurs ont spontanément manifesté dans les rues d'Ashulia réclamant des salaires plus élevés. Beaucoup d’entre eux travaillaient pour des fournisseurs d’H&M.

Les salaires minimums dans les pays producteurs de vêtements sont fixés à l'échelle nationale par le gouvernement. Cependant, ces gouvernements rechignent à augmenter les salaires par crainte de perdre des commandes dont l'économie nationale a grandement besoin. Cette attitude conduit à un nivellement par le bas des salaires des travailleurs de la confection.

Pour Carole Crabbé, coordinatrice d’achACT, « Les marques pourraient influencer ces salaires, en rassurant les gouvernements que l'augmentation des salaires minimums ne provoquerait pas la délocalisation de leurs commandes, en investissant dans des relations à long terme avec leurs fournisseurs et en leur assurant qu'ils continueront à recevoir des commandes même si les prix augmentent. Les marques pourraient aussi assumer une responsabilité directe en matière de salaire en payant un supplément aux prix fixés avec ses fournisseurs et permettant d’atteindre un salaire vital pour les travailleurs de ses fournisseurs. En tant qu'entreprise exportant le plus de vêtements à partir du Bangladesh, H&M pourrait avoir une influence considérable sur les salaires. »

… mais vite reformulée !

Peu de temps après avoir rendu publique cette promesse salariale, H&M a reformulé celle-ci de manière moins ambitieuse : au lieu de verser directement à tous les travailleurs de sa filière d'approvisionnement un salaire vital, H&M a précisé qu'elle se limiterait à mettre en place des « mécanismes » permettant le paiement de salaires vitaux à au moins 80% des travailleurs de sa filière d'approvisionnement. Les mesures pratiques et mesurables pour atteindre cet objectif n'ont pas été partagées publiquement. Cela empêche les travailleurs et les organisations syndicales de suivre les progrès d’H&M dans la mise en œuvre de sa promesse salariale.

H&M peut le faire !

L'objectif que s'est fixé H&M en 2013 de payer un salaire vital à 850 000 travailleuses et travailleurs de ses filières d'approvisionnement, tout en étant ambitieux, est certainement possible et abordable pour une entreprise de cette taille et de cette puissance. Par exemple, le président de l'entreprise lui-même, Stefan Persson, pourrait facilement fournir aux travailleurs de H&M un supplément de salaire jusqu'au moment où H&M a réglé cette problématique de salaire vital. Stefan Persson est actuellement à la tête d’une fortune de 19,9 milliards de dollars, ce qui suffirait à payer un salaire vital à tous les travailleurs des filières d’habillement de H&M au Bangladesh pour les trente prochaines années.

Carole Crabbé déclare : « H&M a certainement les moyens financiers de réaliser ce à quoi elle s’est engagée. Si H&M réaffectait juste une année de son budget publicitaire annuel vers les salaires, l’enseigne pourrait payer à ses travailleurs cambodgiens un salaire vital pour les 6 prochaines années. »

Le bénéfice net de H&M en 2016 était supérieur à 2 milliards de dollars. Il en coûterait à H&M seulement 1,9% de ce bénéfice pour payer à tous ses travailleurs au Cambodge les 78$ supplémentaires chaque mois dont ils auraient besoin pour atteindre un salaire vital. 

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