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Répression au Bangladesh - achACT et les syndicats interpellent le gouvernement du Bangladesh et l'UE

16-02-2017

Ce midi, achACT et les organisations syndicales belges et internationales ont mené une action devant l’ambassade du Bangladesh à Bruxelles. Ces organisations dénoncent une vague de répression des travailleurs de l’habillement et des leaders syndicaux sans précédent au Bangladesh. Ensemble, elles exigent que le gouvernement du Bangladesh y mette fin. Elles appellent l’UE à démarrer une enquête. Des actions similaires ont été menées dans d’autres pays européens et aux Etats-Unis. #WagesNotJail #EveryDayCounts

UPDATE 28/02 : Les prisonniers relâchés

Le gouvernement bangladais a annoncé la libération sous caution des travailleurs et syndicalistes détenus. Les charges n'ont cependant pas été abandonnées. achACT maintient la pression, signez et diffusez la pétition!

Une vague de répression sans précédent au Bangladesh

Depuis décembre 2016, le gouvernement du Bangladesh et les propriétaires d'usines mènent une forte vague de répression antisyndicale en représailles à un arrêt de travail pacifique de centaines de travailleurs de l’habillement à Ashulia, une zone industrielle proche de la capitale Dhaka.  Ces travailleurs revendiquent des hausses significatives de salaire. Et pour cause, malgré une forte inflation touchant les produits de première nécessité, le salaire minimum sectoriel n’a plus été augmenté depuis 2013,  restant figé à 5 300 Tks  soit 63€ par mois. Ce salaire place le travailleur de l’habillement du Bangladesh parmi les moins bien payés du monde.

La répression antisyndicale s’étend à travers tout le pays. Ce vendredi 10 février, neuf membres ou dirigeants de la Fédération syndicale BIGUF, ont été arrêtés à Chittagong, une ville portuaire à des centaines de kilomètres d'Ashulia. Depuis décembre 2016, 35 dirigeants syndicaux et travailleurs ont été arrêtés et emprisonnés, 600 travailleurs et plusieurs leaders syndicaux sont ciblés par des plaintes pénales non-fondées et plus de 1.500 travailleurs ont été renvoyés abusivement par leurs employeurs. Des fournisseurs de  H&M, Inditex (Zara / Bershka), Vanity Fair (North Face) et Gap sont impliqués à la fois dans le dépôt de plaintes pénales non-fondées et dans les licenciements arbitraires de centaines de travailleurs.

Cette vague de répression cible particulièrement les organisations syndicales indépendantes les plus actives du pays. La police a vandalisé et fermé plusieurs bureaux syndicaux, volé les équipements et des documents. Les événements organisés par ces organisations syndicales ont été violemment réprimés par la police, y compris des événements parrainés par les Etats-Unis et l'Organisation internationale du travail. Les principaux dirigeants syndicaux sont harcelés publiquement dans la presse et les militants syndicaux continuent d'être intimidés par les services de sécurité. Les bureaux syndicaux encore ouverts sont surveillés de près par la police. Les travailleurs n’osent plus s’y rendre, alors qu’ils ont particulièrement besoin de conseils et de soutien.

Cette répression remet en cause les avancées sur la sécurité des usines

Suite à l’effondrement du Rana Plaza en 2013, plus de 200 enseignes clientes de l’industrie du Bangladesh et les organisations syndicales nationales et internationales ont signé l’Accord sur la prévention incendie et la sécurité des usines. L’Accord rend l’industrie plus sûre et a déjà sauvé des vies en mettant en œuvre la rénovation de la totalité des usines concernées et en fermant les usines les plus dangereuses.

Aujourd’hui, ces avancées significatives sont mises en danger par les attaques systématiques perpétrées contre des organisations syndicales et qui violent la liberté d’association. On ne peut pas parler d’une industrie sûre et durable lorsque les travailleurs qui demandent pacifiquement des améliorations de leurs conditions de travail se heurtent à une répression brutale et disproportionnée. Les travailleurs de l’habillement du Bangladesh doivent pouvoir jouir sans équivoque de leur droit de s'organiser et de percevoir un salaire suffisant pour vivre dignement.

Appel au gouvernement du Bangladesh 

Ce midi 16 février, achACT, la Schone Kleren Campagne, la FGTB, la CSC, et les fédérations syndicales internationales UNI et IndustriALL ont remis un courrier adressé à l’ambassadeur du Bangladesh. Ces organisations soutiennent les revendications des organisations syndicales du Bangladesh, qui exigent: 

  • la libération immédiate et sans condition des dirigeants syndicaux et travailleurs toujours emprisonnés ;
  • le retrait des plaintes pénales non-fondées ;
  • l’arrêt immédiat des actes de harcèlement antisyndicaux et la réouverture des bureaux syndicaux fermés de force ;
  • le respect total du droit de chaque travailleur de s'affilier ou de former l’organisation syndicale de son choix ;
  • le lancement de la révision du salaire minimum et son augmentation au niveau d’un salaire vital.

L’Union Européenne a les moyens d’agir

L’Union Européenne octroie au Bangladesh des avantages tarifaires conditionnés au respect des Conventions fondamentales de l’OIT dont la liberté d’association. Or, lors de sa réunion de juin 2016, l'Organisation internationale du travail condamnait déjà les violations systématiques des droits des travailleurs de l’habillement au Bangladesh.[1] Aujourd’hui, l’UE doit mettre dans la balance ces avantages tarifaires et lancer d’urgence une enquête afin de s’assurer que le Bangladesh respecte bien les conditions d’octroi de ces avantages y compris les Conventions fondamentales de l’OIT, et réponde aux revendications des organisations syndicales.

Les entreprises doivent agir

Les entreprises européennes qui se fournissent au Bangladesh ont également une responsabilité à assumer vis-à-vis des actes posés par leurs fournisseurs. achACT a relayé l’action de son réseau international la Clean Clothes Campaign en lançant une pétition à ce propos et mènera des actions dans les prochains jours.

 


[1] Le BIT a rendu compte des violations des droits syndicaux au Bangladesh dans un «paragraphe spécial» inclus dans le Rapport 2016 de la Commission de l'application des normes http://www.ilo.org/public/libdoc/ilo/P/09661/09661(2016-105-1A).pdf (p46)

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