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Répression au Bangladesh - Les marques doivent agir !

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Bangladesh – Une vague de répression s'abat sur les syndicalistes

24-12-2016

Plusieurs syndicalistes et travailleurs ont été arrêtés sur base d'accusations arbitraires. Ces arrestations ont eu lieu alors que des milliers de travailleurs sont partis en grève pour exiger des salaires plus élevés. achACT et la Clean Clothes Campaign s'inquiètent de la sécurité des dirigeants syndicaux et des travailleurs de l'habillement au Bangladesh.

Le mouvement de grève a démarré le 12 décembre 2016 dans l'usine Windy Apparels dans le quartier d'Ashulia, à Dacca. Cette usine fournit plusieurs marques bien connues, telles que H&M, Inditex (connue pour son enseigne Zara), Esprit, Tesco, Arcadia, S. Oliver et Debenhams. Les travailleurs exigent des augmentations salariales afin d'atteindre un salaire minimum de 15.000 BDT/ mois (182 EUR), soit près de trois fois le salaire minimum actuel de 5.300 BDT, fixé en 2013 après l'effondrement du Rana Plaza. Le mouvement de grève s'est étendu les jours suivants à d'autres usines de la zone. Le 20 décembre 2016, 55 usines étaient fermées, bien plus à l'initiative de leurs propriétaires que suite à la grève.

Les circonstances du démarrage de la grève ne sont pas claires mais il ne semble pas que l'action ait été coordonnée. Aucune des grandes fédérations syndicales du secteur n'a endossé la grève. Lors de plusieurs conférences de presse, des dirigeants syndicaux ont en réalité appelé les travailleurs à retourner au travail, tout en reconnaissant que leurs revendications doivent être entendues par le gouvernement et les employeurs. Malgré cela, il apparaît que le gouvernement utilise cette opportunité pour accroître la répression des syndicats, en menaçant et en arrêtant leurs dirigeants.

Le 21 décembre, sept dirigeants syndicaux locaux furent arrêtés et détenus suite à une réunion convoquée par la police industrielle et un autre leader fut arrêté à son domicile. Les sept premiers ont été présenté devant la cour le 22 décembre en fin de journée et sont détenus jusqu'à l'audience fixée le 26 Décembre. Il semble qu'ils aient été arrêtés conformément à l'Acte de 1974 établissant les Pouvoirs spéciaux, un Acte qui permet au gouvernement d'incarcérer des personnes préventivement.

Le 22 décembre, deux autres dirigeants syndicaux d'une autre zone de production de vêtements ont été arrêtés à leurs domiciles par une branche de la police spéciale à 23h15. Les deux syndicalistes venaient de terminer une réunion avec des travailleurs. Ils ont signalé être questionnés sur la grève et sur la possibilité qu'elle s'étende à la zone de Gazipur. À l'heure où ce communiqué est écrit, ils n'avaient pas encore été présentés devant la cour ni formellement accusés.

Une autre dirigeante syndicale, Moshrefa Mishu, a été incarcérée le 22 décembre alors qu'elle s'apprêtait à participer à une conférence de presse. La police a par la suite prétendu qu'elle n'avait fait que « l'inviter à boire un thé ». Elle a été libérée quelques heures plus tard. Des plaintes ont également été déposées par plusieurs usines dont Windy Apparels à l'encontre de centaines de travailleurs, pour la plupart non identifiés dans le document de plainte.

Ce n'est pas la première fois que le gouvernement du Bangladesh utilisent une action revendicative de travailleurs comme prétexte pour attaquer des militants syndicaux. En 2010, suite à une vague de grèves pour l'augmentation du salaire minimum, plusieurs dirigeants syndicaux furent arrêtés et détenus. Tous ont alors subi des sévices physiques et psychologiques lors de leur détention. 18 mois plus tard, Aminul Islam, l'un des dirigeants qui avait été arrêté en 2010, fut brutalement assassiné. Ses meurtriers n'ont jamais été appréhendés tandis que des éléments de preuves tendent à montrer que les services de sécurité seraient impliqués dans ce meurtre.

Pour achACT, ces actes de répression et de harcèlement contre les syndicalistes et les travailleurs constituent une attaque au droit légitime de s'organiser et une tentative de faire taire les travailleurs qui dénoncent des salaires de misère et des conditions de travail indignes.

achACT appelle le gouvernement du Bangladesh à stopper cette répression, à assurer que toutes les personnes arrêtées soient libérées ou bénéficient d'un procès équitable et à annuler les plaintes non nominatives contre les centaines de travailleurs. achACt appelle également l'Union européenne à faire pression sur le gouvernement du Bangladesh.

Les marques et les enseignes qui se fournissent au Bangladesh devraient soutenir avec énergie cette même position vis-à-vis du gouvernement du Bangladesh. Elles devraient s'assurer que leurs fournisseurs ne s'engagent dans aucune représailles contre les travailleurs et les syndicalistes qui exercent leur droit d'expression et d'association et arrêtent de porter plainte sans fondement contre les travailleurs. Nous appelons également le gouvernement, les employeurs et les marques et enseignes d'habillement qui s'approvisionnent au Bangladesh à prévenir de futures actions industrielles en négociant avec les travailleurs pour répondre à leurs demandes, y compris en augmentant l'actuel salaire minimum.

 

Voir aussi

Bangladesh Factsheet February 2015

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