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Cambodge - Marks & Spencer doit indemniser les travailleuses de Chung Fai

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Des travailleurs belges et cambodgiens et des consommateurs interpellent H&M et Zara.

07-10-2014

Ce mardi 7 octobre 2014, à Bruxelles, des représentants des travailleurs belges et cambodgiens de H&M et Zara, ainsi que des représentants des consommateurs, clients de ces enseignes ont remis une déclaration commune aux responsables des sièges belges de ces entreprises.

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Il s’agit pour eux de démontrer concrètement leur solidarité d’un bout à l’autre de la filière d’approvisionnement, de la production des vêtements à leur vente. Cette solidarité s’exprime alors que les travailleurs cambodgiens de l'habillement sont mobilisés pour élever le salaire minimum légal de 77 à 137 euros par mois. Dans ce contexte, obtenir de la part des grands clients de l'industrie de l'habillement du Cambodge qu'ils ne délocaliseront pas et qu'ils soutiendront des augmentations de salaire chez leurs fournisseurs est un objectif vital.

« Le 17 septembre dernier, au Cambodge, plus de 100.000 travailleurs de l’habillement ont exprimé leur demande de voir le salaire minimum augmenter à 137€. Il s’agit du montant minimum pour couvrir nos besoins de base. Actuellement, les travailleuses de l’habillement ne peuvent se nourrir correctement. Elles tombent en syncope par centaines dans les usines.» explique Vong Vuthi représentant du syndicat cambodgien C.CAWDU.

Les marques ont fait un premier pas mais elles doivent s'engager davantage.

Suite à cette mobilisation, soutenue dans le monde entier, huit enseignes européennes - Inditex (Zara, Bershka,…), Primark, New Look, NBrow Group, Tchibo, Next, C&A et H&M - ont adressé un courrier commun au gouvernement du Cambodge et à la Fédération cambodgienne des employeurs de la confection (GMAC). Elles s’y affichent en faveur d’une augmentation du salaire minimum légal, se disent prêtes à revoir leurs prix d’achat pour répercuter la hausse des salaires et conditionnent une augmentation de leur approvisionnement au Cambodge au bon déroulement des négociations salariales.

« Cette initiative est évidemment positive et répond à une demande des travailleurs du Cambodge. Elle ne dédouane cependant pas ces enseignes de leur responsabilité de garantir aux travailleurs employés dans leur filière d’approvisionnement le respect de leur droit humain à un salaire vital. Elles doivent assumer cette responsabilité même si le minimum légal fixé par le gouvernement est inférieur à un salaire vital.» réagit Jean-Marc Caudron, coordinateur des actions urgentes d'achACT.

Une déclaration commune pour inviter H&M et Inditex à agir concrètement

Dans leur déclaration commune endossée par C.CAWDU, achACT, la CNE, le SETCa, la FGTB Centrale générale, la CSC Météa, Test-Achats et leurs homologues néerlandophones, les travailleurs belges de H&M et Zara, les travailleurs cambodgiens des fournisseurs de ces deux enseignes et les consommateurs belges appellent H&M et Zara à agir concrètement pour garantir un salaire vital aux travailleurs de leur filière d’approvisionnement, et donc à négocier avec les organisations syndicales du Cambodge la mise en oeuvre d’une hausse des salaires.

« En 2013, H&M adoptait une feuille de route vers un salaire vital équitable. Zara s’est également engagé à garantir un salaire qui permet de couvrir les besoins de base des travailleurs et de leur famille. Ces deux enseignes reconnaissent bien le droit des travailleurs de leurs fournisseurs à gagner un salaire vital. Elles reconnaissent également leur responsabilité pour le garantir. Par contre, elles peinent à traduire ses belles intentions en actes concrets » explique Jean-Marc Caudron.

Aujourd’hui, les 9 organisations signataires de cette déclaration commune demandent à H&M et Zara de concrétiser leurs engagements en négociant une convention collective contraignante directement avec le syndicat cambodgien C.CAWDU, H&M et Zara devraient s'y engager à :

  • mandater leurs fournisseurs cambodgiens pour qu’ils paient immédiatement un salaire de minimum 137 € à leurs travailleurs ;
  • adapter leurs prix d’achat pour financer cette hausse ;
  • continuer à se fournir sur le long terme auprès des fournisseurs qui respectent les droits des travailleurs.

Tout au long de ce mois d'octobre, la délégation cambodgienne sillonnera l'Europe en compagnie du réseau de la Clean Clothes Campaign pour porter la voix des travailleuses de l'habillement et obtenir l'engagement des principaux clients de l'industrie et de représentants politiques européens.

Une première pour la solidarité de filière

On connaissait le syndicalisme sectoriel ou régional. Voici la solidarité de filière ! Elle unit au niveau international, les travailleurs et consommateurs d'un bout à l'autre de la filière de production d'un produit. Dans un monde à l'économie mondialisée, il apparaît de plus en plus nécessaire que les travailleurs d'ici se soucient de la situation des travailleurs dans d'autres pays. Au sein d'un même secteur, comme celui de l'habillement, c'est le travail des fédérations syndicales internationales comme IndustriALL ou UNI. Mais la globalisation nous oblige à aller plus loin. Concrètement les travailleurs cambodgiens de l'habillement doivent non seulement pouvoir négocier avec les patrons d'usine et leur gouvernement. S'ils veulent déserrer l'étau qui empêche le respect de leurs droits, ils doivent aussi pouvoir obtenir l'engagement des marques et enseignes clientes de leur industrie, comme par exemple celui de ne pas délocaliser leur approvisionnement, ou d'accepter de payer plus. Pour cela, ils ont besoin de la solidarité des consommateurs et des travailleurs de ces entreprises. « Les alliances internationales entre travailleurs et consommateurs concernés par les pratiques d'une mêmes entreprise, telle que H&M ou Zara, deviennent de plus en plus nécessaires si nous voulons pouvoir freiner la course vers les pires conditions de travail et espérer inverser la tendance» conclut Carole Crabbé, coordinatrice d'achACT.

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