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Cambodge - Marks & Spencer doit indemniser les travailleuses de Chung Fai

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Que fait votre marque préférée pour un salaire vital? 55 marques passées au crible.

29-06-2014

achACT publie aujourd’hui les profils de 55 marques et enseignes présentes sur le marché belge. Ces profils se concentrent sur une question : Que font les marques et enseignes pour garantir un salaire vital aux travailleurs qui confectionnent leurs vêtements ? 

En plus des profils, achACT dresse aussi un état de la question et vous propose une vue transversale des engagements et pratiques des entreprises et une analyse du contexte de production. achACT pointe également des démarches innovantes qui peuvent servir d'exemples aux autres, notamment aux marques et distributeurs belges.

L'enquête menée par achACT montre que malgré des engagements formels, aucune marque d’habillement ne garantit dans les faits un salaire vital aux travailleurs de leurs filières d’approvisionnement. Une conclusion qui s'applique tant pour les discounters que pour les marques de luxe !

 

Informez-vous sur votre marque préférée

1. Parcourez les profils en ligne via notre module et parcourez l’analyse transversale d’achACT.

2. Téléchargez l’application sur votre smartphone (une app développée par nos collègues suisses). Cherchez "Fair Fashion?" dans le store. Disponible pour Android et IPhone.

3. Téléchargez le rapport (PDF – 132 pages)
Vous souhaitez un version ‘papier’ ? Commande possible via achacteurs@achact.be au prix de 13,5€ (frais de port compris)

 

Les profils

Le rapport Devenez achACTEURS pour un salaire vital est issu d’une collecte d’information réalisée fin 2013 auprès de marques et enseignes belges et internationales.

Une première section Panoramique, propose une vue transversale des engagements et pratiques des entreprises sélectionnées, une analyse du contexte de production et une mise à plat des questions et des concepts clés. Echelles de salaires, initiatives multipartites, projets d’amélioration de la productivité… : achACT décode le jargon et analyse la contribution de ces démarches dans le paiement d’un salaire vital.

Une deuxième partie est consacrée aux profils de chacune des 55 entreprises. Pour faciliter la lecture de ces profils, achACT propose une représentation graphique des performances de chacune d’entre elles.

Coup de projo sur des initiatives pionnières du côté des entreprises internationales

Parmi les 37 entreprises internationales concernées par ce rapport, seules 3 ont pu démontrer qu’elles prennent des mesures dont achACT pense qu’elles pourraient permettre d’augmenter les salaires de manière significative sur le long terme; il s’agit d’Inditex (Zara, Bershka, Massimo Dutti ; etc.), Marks & Spencer, tous deux membres de Ethical Trading Initiative, et de la PME suisse Switcher, membre de la Fair Wear Foundation.

  • Bestseller (Jack&Jones, Vero Moda, etc.), G-star, New Look, Puma et Switcher ont identifié et publié un référentiel en matière de salaire vital qui tient notamment compte de l’Asia Floor Wage, une méthode de calcul d’un salaire vital développé par une alliance de syndicats et d’organisations de défense des travailleurs dans les principaux pays de production asiatiques. Ces entreprises ont aussi mis en place des échelles de salaire qui guident leur stratégied’augmentation progressive des rémunérations.
  • Inditex est la seule entreprise internationale du secteur à avoir signé un Accord-cadre avec le syndicat international IndustriALL et à renforcer dans ce cadre la capacité d’organisation des travailleurs.
  • Marks & Spencer et Primark ont fait état du travail qu’elles effectuent pour pouvoir identifier les coûts du travail dans le prix de revient de chacun de leurs produits et par conséquent pour pouvoir prendre en compte des coûts de salaire plus élevés dans leurs processus de fixation des prix avec leurs fournisseurs.
  • Switcher, a mis en place un projet pilote visant à augmenter les salaires en versant dans un fonds un « bonus » équivalent à 1% du prix d’usine des produits qu’elle achète. Les montants déposés dans ce fonds sont ensuite distribués une fois par année directement aux travailleuses et travailleurs.

Et les belges dans tout ça ?

Longtemps, la plupart des enseignes belges avec lesquelles achACT et la Schone Kleren Campagne, son homologue néerlandophone, développent des contacts ont justifié leur position attentiste par leur petite taille et le peu d’influence qu’elles exercent sur leurs fournisseurs. Une attitude qui pourrait bien évoluer. Mayerline, PME bruxelloise, fait sans nul doute office de pionnière au sein de son secteur. Membre de la Fair Wear Foundation, elle est engagée de manière crédible pour l’amélioration progressive des salaires dans ses filières d’approvisionnement. JBC est quant à elle la première entreprise belge à avoir adhéré à l’Accord pour la sécurité des bâtiments d’usine au Bangladesh. Elle a ainsi montré que chaque entreprise, aussi « petite » soit-elle peut et doit s’engager pour garantir des conditions de travail qui respectent les travailleurs. Bel&Bo a entamé un tournant important dans ses pratiques d’achat qui devrait conduire l’entreprise à se passer progressivement d’intermédiaires pour développer des contacts directs avec ses fournisseurs, gage de transparence et d’influence.

Nous espérons que ces entreprises, tout comme d’autres plus hésitantes (E5Mode, Mer du Nord, Cassis-Paprika) trouveront dans cette publication des éléments qui les inciteront à aller de l’avant, comme par exemple les démarches développées au Bangladesh en matière de salaires par la PME suisse, Switcher, en collaboration avec la Fair Wear Foundation. Quant à Mer du Nord et Cassis-Paprika, elles se dédouanent un peu trop rapidement de toute responsabilité en affirmant s’approvisionner principalement en Europe. Le récent rapport publié par notre réseau international Salaires de misère – la production de vêtements en Europe de l’Est et en Turquie, montre que les conditions salariales et le pouvoir d’achat des travailleuses de l’habillement dans ces pays, dont certains membres de l’Union européenne, sont parfois encore plus mauvais que dans les principaux pays de production asiatiques.

11 des 18 entreprises belges contactées n’ont pas donné suite à notre enquête. Parmi elles, des marques qui se positionnent sur un créneau chic voire de luxe telles que Caroline Biss, Essentiel- Antwerp, FNG Group, River Woods, Scapa Sports, Talking French ou Signe Nature, mais aussi Orchestra-Prémaman, Lola & Liza, J & Joy ou encore le discounter Trafic. Parmi elles, et sur base des informations publiques, J&Joy annonce un label (inexistant !) de l’OIT et des projets caritatifs. Orchestra-Prémaman et Trafic sont membres du BSCI, une initiative d’entreprises au sein de laquelle elles multiplient les audits sans pour autant s’investir dans un travail concret pour garantir un salaire vital. Quant aux autres, rien n’indique qu’elles soient attentives ni au respect des droits humains dans leurs filières ni à l’information des consommateurs.

Il y a urgence !

Les entreprises doivent s’engager au sein de leurs filières d’approvisionnement pour le respect des droits de l’Homme et des travailleurs. Ce cadre adopté par les Nations Unies est destiné à devenir de plus en plus pressant et contraignant. Mais l’urgence devient surtout criante au sein des usines, dans les rues des pays de production où les travailleurs et les travailleuses se mobilisent pour des augmentations significatives de salaire. Notre monde ne peut plus se satisfaire d’une globalisation sangsue. Gouvernements et entreprises doivent assumer leurs responsabilités et créer avec les organisations de travailleurs, les espaces de négociation et de progrès nécessaires pour faire face à un des plus grands défis de l’industrie de l’habillement : sortir d’un système d’exploitation des travailleurs les plus faibles pour développer un réel socle de développement.

Le prix au détail n’est pas un bon indicateur du salaire payé

 
Parmi les marques qui s’engagent de manière crédible pour un salaire vital ne figure aucune marque de luxe. Hugo Boss fait notamment produire en Bulgarie ou le fossé entre salaire payé et salaire vital est pire qu’au Bangladesh ! (voir annexe 2.)

 
A l’inverse, le discounter Primark se distingue non seulement par sa prise d’initiative dans le dossier de l’indemnisation des victimes de l’effondrement du Rana Plaza mais aussi sur le dossier du salaire vital.

 
Voilà qui casse les ailes à une idée reçue qui voudrait faire de la lutte pour un salaire vital un conflit entre travailleurs pauvres et consommateurs pauvres. Même si le fossé entre salaires payés et salaire vital est important, payer un salaire vital n’impliquerait qu’une augmentation marginale du prix au consommateur, de l’ordre du pour cent, pour autant que les autres acteurs de la filière, marques et distributeurs inclus, ne se sucrent pas davantage au passage.

 

Copyright photos Bel&Bo et Zara: © Esther Eggermont et Serena Emiliani

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