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Cambodge - Marks & Spencer doit indemniser les travailleuses de Chung Fai

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Les entreprises qui s'approvisionnent au Cambodge doivent agir.

09-01-2014

Les 2 et 3 Janvier derniers, au Cambodge, le mouvement de grève des travailleurs de l'habillement réclamant une hausse du salaire minimum a été violemment réprimé. Au moins 4 travailleurs ont été tués, 39 blessés et 23 manifestants ont été arrêtés.

achACT est particulièrement scandalisé par la répression sanglante et absolument démesurée du mouvement de grève des travailleurs de l'habillement par des forces militaires et policières fortement armées. achACT s'inquiète du sort des travailleurs détenus et du respect de leurs droits. achACT appelle aussi les entreprises d'habillement qui s'approvisionnent au Cambodge à prendre des actions immédiates pour remédier à leurs pratiques d'achat favorisant le maintien de salaires insuffisants pour vivre et par conséquent de violations graves de droits humains au sein de leurs filières.

 

Rappel des faits

En décembre dernier, le gouvernement cambodgien a annoncé le nouveau montant du salaire minimum de 100 US$ par mois, ce qui correspond à une hausse parfaitement insuffisante au vu de l'augmentation du coût de la vie. Le 24 décembre, suite à cette annonce, les travailleurs de l'habillement au Cambodge ont entamé un mouvement de grève dans le respect des dispositions légales et usant de moyens d'expression non violents. La revendication de 7 fédérations syndicales sectorielles porte sur un salaire minimum de 160 $ par mois et est encore largement inférieur à un salaire minimum vital, calculé par l'Alliance pour l'Asia Floor Wage à hauteur de 394 $.

Durant toute la durée du mouvement, le gouvernement et les employeurs ont démontré un manque de volonté pour rencontrer des représentants des travailleurs etpour reprendre des négociations. Par contre, le jeudi 2 et vendredi 3 Janvier, à l'instigation notamment de l'association des employeurs de l'habillement, les manifestants ont été la cible de violentes attaques de la part des forces de sécurité, initiant une escalade de la violence. Au moins 4 travailleurs de l’habillement ont été tués. 39 autres ont été blessés. Plus de 23 personnes, principalement des jeunes travailleurs, ont été arrêtées et maintenues en prison sous le joug d'accusations pénales les menaçant de 18 mois de détention préventive, de 5 ans d'emprisonnement et d'une amende de 2.500 $. Ces personnes sont actuellement détenues à la prison CC3, un établissement isolé, situé à distance de la capitale. Des dirigeants syndicaux ont été convoqués pour interrogatoire et subissent des menaces et intimidations.

 

achACT appelle les entreprises clientes à agir

« Tant que les enseignes et marques ne prendront pas acte que leurs pratiques contribuent au maintien de salaires de misère et par conséquent à la mobilisation revendicative des travailleurs et à la répression qui s'en suit, elles ne peuvent pas prétendre respecter les droits humains » déclare Carole Crabbé, coordinatrice d'achACT.

Avec son réseau international, achACT appelle les principales marques d'habillement à agir immédiatement envers le gouvernement cambodgien pour

  • l'arrêt immédiat de toute forme de violence et d'intimidation vis-à-vis des travailleurs et de leurs représentants,
  • la libération de toutes les personnes détenues pour leur participation aux manifestations,
  • le respect de la liberté d'association et du droit de grève,
  • s'abstenir de poursuivre les travailleurs et les dirigeants syndicaux qui ont participé à la grève,
  • la reprise de négociations de bonne foi sur le salaire minimum,
  • Garantir que toute personne responsable de violence contre les grévistes soit contrainte à rendre des comptes

Le 7 Janvier, sept entreprises clientes du secteur cambodgien de l'habillement ont adressé une lettre ouverte commune au gouvernement pour lui faire part de leurs inquiétudes suite aux récents actes de violence. Cette démarche louable ne permet cependant pas d'ignorer le silence assourdissant du plus grand nombre des entreprises clientes face à une violation scandaleuse des droits humains des travailleurs qui fabriquent leurs vêtements. La lettre ouverte des entreprises ne va toutefois pas suffisamment loin, notamment dans son manque de fermeté à dénoncer l'attitude de l'association des employeurs excusant l'usage d'une force meurtrière par le gouvernement contre les grévistes.

achACT et son réseau international demandent également aux entreprises clientes de reconnaître leur responsabilité et de prendre des initiatives immédiates pour agir sur ce qui constitue la racine du mouvement mené par les travailleurs, à savoir leur maintien dans la pauvreté par des salaires ne couvrant absolument pas leurs besoins vitaux.

Ces actions incluent :

  • Déclarer publiquement que toute future commande d'habillement ou de chaussures au Cambodge sera conditionnée à
    • La fin immédiate de toute violence vis-à-vis des travailleurs
    • La libération de toutes les personnes détenues suite aux manifestations et à l'abandon de toute charge contre elles
    • Le rétablissement du droit de grève et d'assemblée
  • Payer un prix correct aux usines, suffisant pour permettre eux employeurs de payer un salaire décent
  • Soutenir l'appel des travailleurs pour une augmentation substantielle du salaire minimum (à hauteur de 160 Dollars par mois)
  • S'engager à maintenir les volumes d'achat au Cambodge si les salaires augmentent.

L'industrie de l'habillement au Cambodge emploie plus de 500.000 personnes et est responsable de 95% des exportations du pays. Son chiffre d'affaire est d'environ 3,38 milliards € par an. Le salaire minimum légal est bien en-deçà d'un salaire vital, une situation qui contribue à un niveau choquant de malnutrition de ses travailleurs, principalement de jeunes femmes. Au cours des deux dernières années, plus de 4000 travailleurs ont été victimes d’évanouissements collectifs liés à l’épuisement et à la malnutrition.

 

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