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Cambodge - Marks & Spencer doit indemniser les travailleuses de Chung Fai

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Bangladesh - Accord sur la sécurité des bâtiments. Que font les entreprises belges ?

17-07-2013

achACT salue les trois entreprises belges signataires de l’Accord sur les incendies et bâtiments d’usine au Bangladesh. Elle encourage les autres entreprises se fournissant dans ce pays à ne pas se dissimuler derrière des pratiques d’audit qui ont démontré leur inefficacité tant pour prévenir la catastrophe du Rana Plaza que des drames précédents. achACT les invite à suivre la voie ouverte aujourd’hui par 74 entreprises et encouragée par l’Union Européenne et l’Organisation Internationale du Travail.

 

Depuis l’effondrement du Rana Plaza, le 24 Avril dernier au Bangladesh, 74 marques et enseignes d’habillement, principalement européennes, ont signé l’Accord sur les incendies et la sécurité des bâtiments d’usine au Bangladesh. Elles s’engagent ainsi dans un programme contraignant de mise aux normes des usines de leurs fournisseurs, soit à l’heure actuelle près de la moitié du parc industriel national de la confection comptant quelque 4500 usines.

achACT et la Clean Clothes Campaign saluent l’engagement de ces entreprises. L’Accord s’est maintenant doté d’un programme d’inspections initiales et de plan de mise aux normes immédiate en cas de risque grave, devant couvrir toutes les usines de fournisseurs endéans les 9 prochains mois. A ce programme s’ajoute des mesures devant permettre de tenir compte également de rapports d’inspection ou de travailleurs signalant des risques graves, sans attendre d’inspection dans le cadre de l’Accord. Pour plus de détail sur l'actualité de l'Accord, consultez l’article sur le site de la Clean Clothes Campaign.

achACT et son homologue néerlandophone, la Schone Kleren Campagne, ont contacté des marques et enseignes belges pour les inciter à rejoindre l’Accord si ce n’était déjà fait. Il s’agit de JBC, E5Mode, Bel&Bo, Cassis-Paprika, Mer du Nord, Trafic, Prémaman-Orchestra et J&Joy. Faute de transparence sur leurs filières, le fait que ces entreprises aient été questionnées ne préjuge pas qu’elles s’approvisionnent au Bangladesh. achACT et la SKC ont par ailleurs pris bonne note de l’engagement de deux entreprises spécialisées dans le B2B, Van der Erve et Jogilo. Enfin, achACT et la SKC ont également pris en compte la position de la Fair Wear Foundation dont sont membres The Cotton Group, Stanley & Stella (toutes deux actives dans le T-shirt promotionnel ou personnalisable) et Mayerline.

Dans une deuxième partie de ce communiqué, achACT développe quelques éclairages qui permettent de mettre en perspective l’engagement des entreprises. Ces points d’attention sont mis en évidence dans l’état des lieux à l’aide d’une astérisque.

Etat des lieux de l’engagement d’entreprises belges

Mer du Nord et J&Joy saluent l’Accord. Ces deux entreprises annoncent qu’elles ne s’approvisionnent pas au Bangladesh et n’ont pas l’intention de le faire dans un proche avenir. Mer du Nord affirme ne s’approvisionner qu’en Europe depuis quelques saisons.

JBC est la première entreprise belge signataire de l’Accord (16 Mai). JBC s’approvisionne directement au Bangladesh pour au moins 3% de ses ventes (chiffre 2006). La société s’approvisionne également en Chine, en Inde et en Turquie notamment. JBC est membre du BSCI* et dispose d’un code de conduite. Il fait réaliser des audits sociaux par la société Wethica.

Van der Erve est signataire de l’Accord. Cette société spécialisée dans le B2B, vend surtout à la grande distribution, produit sous licence (notamment Lotto et Disney) et détient les marques Tribal Zone et Soul Break. Elle s’approvisionne principalement au Bangladesh et en Chine où elle dispose de bureaux, et se fournit aussi en Inde, en Turquie et au Portugal. Van der Erve est membre du BSCI*. Sa collaboration de 18 ans avec ses fournisseurs au Bangladesh lui permet de se présenter confiant dans les conditions de sécurité des bâtiments de production. Son directeur pense qu’investir dans le respect de l’environnement et de bonnes conditions de travail ne peut que s’avérer profitable à long terme.

Jogilo est signataire de l’Accord. Il s’agit d’une société spécialisée dans le B2B. achACT ne dispose pas d’information à son sujet.

Trafic n’a pas signé l’Accord. La société s’approvisionne en direct auprès de quelques fournisseurs au Bangladesh pour 3% de ses achats. L’entreprise estime peu efficace d’adhérer à l’Accord du fait qu’elle dispose d’une charte comportant notamment des exigences en termes d’environnement et de sécurité au travail. Cette charte est signée par la quasi-totalité de ses fournisseurs. Trafic s’est donné comme objectif prioritaire dans les prochains mois la réalisation d’audits au Bangladesh et s’engage à arrêter ses relations commerciales* avec tout fournisseur qui, suite aux audits effectués, ne respecterait pas les points « sensibles » de la charte ou le planning de correction prévu.

Cassis-Paprika n’a pas signé l’Accord. L’entreprise s’approvisionne au Bangladesh via un partenaire y disposant d’un bureau. L’entreprise ne précise cependant pas quelle part de ses achats sont effectués au Bangladesh ni le nombre de ses fournisseurs. Le code de bonne conduite de Cassis-Paprika intègre des normes de sécurité des bâtiments. Selon Cassis-Paprika, ce code est signé par tous les directeurs d’usine qui l’approvisionne. Le responsable import de Cassis-Paprika se rend au Bangladesh quatre fois par an et visite les usines pour s’assurer du respect de son code. Suite à l’effondrement du Rana Plaza, Cassis-Paprika a contacté son partenaire commercial sur place pour aborder avec lui la question de la sécurité des bâtiments d’usine. Cassis-Paprika annonce étudier les initiatives à prendre à propos de l’Accord.

Prémaman n’a pas signé l’Accord. A noter que Prémaman a intégré le groupe Orchestra (France) en Juin 2012. Les achats textiles sont réalisés à partir de la France. La société dispose notamment d’un bureau au Bangladesh. Orchestra est membre du BSCI*, dispose d’une charte fournisseur et envisage de démarrer des audits sociaux. Orchestra annonce qu’elle examinera très prochainement le contenu de l’Accord.

E5Mode et Bel&Bo s’affichent favorables à l’Accord. Toutefois, leurs achats au Bangladesh sont réalisés via des agents. Ces sociétés affirment ne pas avoir de contacts directs avec les fabricants. Cela ne dédouane bien entendu pas ces sociétés par rapport à leur responsabilité vis-à-vis des droits et de la sécurité des travailleurs produisant leurs vêtements. Toutefois, l’Accord ne contient pas encore de mécanismes permettant d’intégrer cette dimension.

Mayerline, The Cotton Group et Stanley & Stella n’ont pas signé l’Accord. Les deux dernières se fournissent notamment au Bangladesh. Ces entreprises sont membres de la Fair Wear Foundation qui intègre déjà des processus de contrôle et un processus de plainte impliquant les travailleurs des usines. Ce système de contrôle et de dépôt de plainte est pris en compte de manière transitoire dans le plan de mise en œuvre de l’Accord. La Fair Wear Foundation annonce qu’elle accorde déjà avec ses membres, une attention toute particulière et urgente aux questions de sécurité des bâtiments d’usine. Les 13 membres de la Fair Wear Foundation qui se fournissent au Bangladesh s’engagent à contribuer aux frais de mise aux normes des usines de leurs fournisseurs. achACT et la Clean Clothes Campaign appellent cependant les entreprises membres de la Fair Wear Foundation à rejoindre l’Accord.

Eclairages

A propos du BSCI :  Le BSCI est une initiative d’entreprises développant essentiellement des audits sociaux. Deux des usines hébergées dans le Rana Plaza étaient enregistrées en tant que fournisseurs de plusieurs entreprises membres du BSCI. Elles avaient été auditées sur base du code de conduite du BSCI. Ces audits n’avaient pas mis à jour l’illégalité de la construction de plusieurs étages du bâtiment. Ces audits n’ont pas été rendus publics.

Dans ses récents communiqués, le BSCI salue l’Accord et l’investissement de certains de ses membres dans la phase de préparation de la mise en œuvre. Toutefois, le BSCI dans sa communication autour de son 10ème anniversaire rejette la responsabilité de la mise aux normes sur les seuls employeurs et gouvernement Bangladeshis. Il n’encourage pas ses entreprises membres à rejoindre l’Accord même si parmi elles certaines l’ont déjà fait (telles que C&A par exemple). Cette position du BSCI a récemment poussé UNI Global Union à démissionner du siège qu’occupait le syndicat international des travailleurs de la distribution au sein du Conseil d’avis du BSCI.

Sur l’efficacité des audits sociaux :  achACT n’a pas attendu l’effondrement du Rana Plaza pour alerter entreprises et opinion sur l’inefficacité des audits sociaux pour garantir le respect des droits des travailleurs et les conditions de sécurité et d’hygiène sur les lieux de travail. Soit qu’ils ne font pas rapport des risques existants, soit qu’ils n’entraînent aucune remédiation. Suite à l’incendie de l’usine Tazreen, au Bangladesh en Novembre 2012 et celui de l’usine Ali Enterprises au Pakistan en Septembre 2012, achACT publiait le rapport Fatal Fashion. Ce rapport démontre que le gouvernement, les fabricants et les marques et enseignes clientes connaissaient les risques existants dans ces deux usines, mais n'ont pas pris les mesures nécessaires pour empêcher ces incendies, ni pour répondre aux besoins des victimes. Ali Enterprises avait été auditée par Kik et était accréditée SA8000 et WRAP. Tazreen avait été auditée par Walmart, C&A et le BSCI.

Sur la responsabilité des entreprises se fournissant au Bangladesh :  Certaines entreprises contactées annoncent des mesures fortes en cas de résultat d’audit négatif ou de refus de mise aux normes. Si de telles mesures sont légitimes en recours ultime, elles ne doivent pas permettre d’éluder la responsabilité de l’entreprise cliente. Cette responsabilité repose notamment sur la contribution financière des clients à la mise aux normes de leur fournisseur. Le Bangladesh est l’un des pays de production les moins chers du monde. Cette situation repose notamment sur des coûts de main-d’œuvre dérisoire, l’absence de sécurité sociale et la non prise en compte dans les prix fixés avec les clients d’une marge disponible pour des investissements dans l’outil de travail. Certes, les employeurs et le gouvernement bangladeshis y ont une part de responsabilité. Mais l’entreprise cliente se doit également de ne pas mettre son fournisseur entre marteau et enclume : exiger des prix dérisoires et de bonnes conditions de travail n’est pas compatible.

Liste actualisée des entreprises signataires

Détails sur l'actualité de l'Accord

Rapport Fatal Fashion

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