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Bangladesh - IKEA, The North Face et Abercrombie doivent signer l’ACCORD

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Accord 2018 sur la sécurité des usines au Bangladesh

L'Accord 2018 sur la sécurité des usines et la prévention incendie au Bangladesh poursuit l’action menée par la mise en œuvre de l’Accord signé en 2013 et qui expirera en mai 2018. Les enseignes doivent cependant confirmer leur engagement ou, le cas échéant, enfin s’engager en signant l’Accord 2018. Le 12 avril 2018, à une semaine du cinquième anniversaire de l’effondrement du Rana Plaza, 142 entreprises ont signé l’Accord 2018, qui couvre dès lors 1.332 usines.

Durant les cinq années de sa mise en œuvre, l'Accord 2013 a amélioré la sécurité de 2 millions de travailleurs de la confection dans 1.631 usines. Les inspections de ces usines ont permis d’identifier plus de 130.000 problèmes de sécurité. Aujourd’hui, 84% de ces problèmes sont résolus. 142 usines ont mis en œuvre l’entièreté de leur plan d’actions correctrices et 767 ont corrigé 90% des problèmes identifiés. L’Accord a également traité 197 plaintes de travailleurs concernant la sécurité dans leur usine.

Si la mise en œuvre de l’Accord 2013 a effectivement sauvé des vies et rendu les usines de confection plus sûres, la mise en œuvre des plans d’actions correctrices a pris du retard dans le plupart des usines. Il est donc nécessaire de poursuivre ce travail pour résoudre le plus rapidement possible la totalité des problèmes identifiés.

Instiller une culture de la sécurité

Par ailleurs, au-delà des inspections, la sécurité doit faire l’objet d’une attention permanente, même dans les usines qui sont aux normes. C’est par exemple très bien d’installer un système anti-incendie efficace intégrant la fermeture automatique des portes coupe feu en cas d’incendie. Mais si pour éviter qu’elles ne se ferment à chaque coupure d’électricité, on bloque ces portes à l’aide de cales, la sécurité des travailleuses et des travailleurs ne s’en trouve pas améliorée. La sécurité demande également un changement de culture, de la formation et un environnement de travail qui autorise les travailleurs à contribuer à l’amélioration de leurs conditions de travail en connaissance de cause. C’est pour cela que l’Accord 2018 mettra beaucoup plus de moyens pour renforcer la participation des travailleurs. Ce programme de formation couvrira les questions de sécurité et de prévention, mais également l’exercice de la liberté syndicale et la lutte contre le harcèlement. Il vise à installer un comité de prévention et sécurité au travail dans chaque usine couverte.

L’Accord 2018 prévoit également de nouvelles inspections, incluant l’inspection des chaudières. En effet, celle-ci n’étaient pas couverte par l’Accord de 2013. L’explosion de la chaudière de l’usine Multifabs en 2017, qui a tué 14 travailleurs, a mis en lumière la nécessité d’intégrer les chaudières dans les inspections de l’Accord. Les chaudières des usines couvertes seront inspectées en 2018.

IKEA n’a plus d’excuse

En outre, l’Accord 2018 étend son action. Chaque signataire peut dès à présent ajouter ses fournisseurs de textile (tissus, fabrication de linges de maison) aux cotés des usines de confection. Les enseignes vendant du linge de maison, telles qu’IKEA, sont également invitées à signer l’Accord 2018.

IKEA décline pour le moment. Selon l’enseigne suédoise, la mise en œuvre de son code de conduite suffit à assurer la sécurité des travailleurs de ses fournisseurs au Bangladesh. Le code de conduite d’IKEA est pourtant bien trop global que pour être comparé aux programmes d’inspection de l’Accord. Il ne contient par exemple aucun critère d’inspection de la structure des bâtiments.

La position d’IKEA, qui préfère agir seul et à sa manière, est similaire à celle des enseignes de mode juste avant la catastrophe du Rana Plaza. Espérons qu’il ne faille pas une nouvelle catastrophe pour convaincre IKEA de la nécessité de coopérer avec d’autres entreprises et, surtout, avec les syndicats locaux.

Une transition vers un système public national d’inspection

Enfin, l’Accord 2018 vise à gérer la transition vers un régime public d’inspection du travail géré par les autorités du Bangladesh.

Rapidement après l’effondrement du Rana Plaza, le gouvernement du Bangladesh a signé un Plan d'action national (PAN) sur la prévention incendie et la sécurité des bâtiments au Bangladesh, en coopération avec l'OIT. Ce Plan d’action a été mis en place en complémentarité de l'Accord et devrait concerner les usines non-couvertes par l’Accord en matière d’inspection. Cependant, le gouvernement du Bangladesh ne délivre pas d’information factuelle sur les éventuelles avancées concrètes en termes de sécurité.

L'Accord 2018 vise à gérer la transition jusqu’à ce que le gouvernement du Bangladesh, conformément aux engagements pris dans son Plan d’action, mette en place un système public national d’inspection (Remediation Coordination Cell) permanent, crédible, fonctionnel et efficace. À ce jour, il n’y a aucune garantie que cette cellule devienne opérationnelle durant la période de transition de trois ans.

Le transfert des missions de l'Accord au gouvernement du Bangladesh ne signifie pas la fin de la responsabilité des propriétaires d’usines, ni des enseignes. Le respect des droits des travailleurs, notamment de bénéficier d’un environnement de travail sain et sûr, continuera à faire partie de la responsabilité des employeurs et des enseignes clientes des usines. L’Accord 2018 constitue aujourd’hui le seul moyen crédible d’assumer cette responsabilité vis-à-vis de la sécurité des travailleurs qui fabriquent leurs vêtements au Bangladesh.

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