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Cambodge : grève massive pour un salaire décent

Publié le 21 Octobre 2010

Le 13 septembre dernier débute une grève générale au Cambodge dans le secteur de l’habillement . Les travailleurs réclament un salaire décent. Le mouvement dure 4 jours. Son ampleur est sans précédent.

Entamée par 68 000 travailleurs de l’habillement, la grève gagne rapidement en importance. Le quatrième jour, ils sont plus de 200 000 à avoir rejoint le mouvement, soit plus de 2/3 de la force de travail cambodgienne dans ce secteur.

Le 16 septembre, la grève est temporairement suspendue. Le gouvernement a ouvert la porte à des négociations.

Mora Sar est membre de la Confédération cambodgienne du travail (CLC). Il nous parle de ce mouvement de grève sans précédent.

Rétroactes :

Le Cambodge fait face, depuis trois ans, à une hausse importante de l’inflation. En 2008, on peut même parler de flambée puisque l’inflation avoisine les 25% ! Si 2009, voit une accalmie, les chiffres s’affolent de nouveau en 2010. Les prévisions font état de 5,1% pour cette année et de 7,7% pour 2011.

Le Cambodge est un des pays d’Asie où les salaires sont les plus bas. Tout particulièrement, dans le secteur de l'habillement. Les travailleurs se retrouvent dans des situations d’extrême pauvreté. Leurs salaires ne suffisent pas pour survivre.

A l’appel des deux principaux syndicaux, CCAWDU (Coalition Apparel Workers Democratic Unions) et NIFTUC (National Independent Federation of Textile Unions of Cambodia), un mouvement se met donc en place pour exiger une révision du salaire minimum mensuel (50$ - 36€). Les travailleurs réclament 93$ (67.5€). Un montant qui équivaut, pour eux, au salaire minimum vital, soit au niveau de revenu nécessaire pour permettre la subsistance.

En Août, le gouvernement annonce une augmentation : le salaire minimum est porté à 61$ (44€). On est bien loin des revendications des travailleurs. C’est le point de départ du mouvement de grève.

La grève paralyse le secteur de l’habillement pendant 4 jours. L’industrie du textile représentant 70 à 90% des exportations du pays, l’impact financier du mouvement est important.

Le 16 septembre, le gouvernement promet la tenue de négociations. La grève est suspendue.

654 travailleurs n’ont toujours pas été réintégrés

Des travailleurs et des représentants syndicaux n'ont pas pu réintégrer leurs postes pour avoir pris part au mouvement de grève. Une situation qui viole la constitution cambodgienne et la législation du travail.

A la mi-octobre, 654 travailleurs ne peuvent toujours pas reprendre leur travail dans dix usines produisant pour le compte de H&M, Inditex, Next, Vanity Fair, C&A, Gap, Adidas, Nike, Florence & Fred (Tesco) et Destination Maternity Corporation.75 font même l’objet ou sont menacés de faire l’objet de poursuites en justice.

Vers une voie de négociation !

Une réunion de négociation s’est tenue le 27 septembre. Il y a été décidé la constitution d’un groupe de travail tripartite (cinq représentants des travailleurs, cinq des employeurs et cinq du gouvernement) pour négocier les salaires et les primes. La réintégration des travailleurs licenciés et l’arrêt des poursuites judiciaires ont également été envisagés.

achACT et l’Asia Floor Wage

Nous demandons la réintégration de tous ces travailleurs et représentants syndicaux. Elle demande au gouvernement et à l’association des employeurs de l’habillement d’arrêter immédiatement d’interférer dans l’exercice du droit syndical et du droit de grève, de menacer et d’intimider les travailleurs syndiqués.

Elle appelle également les distributeurs et les marques s’approvisionnant au Cambodge, tels que GAP, Puma, Inditex (Zara) et H&M à assurer que l’augmentation des salaires à un seuil vital ne provoquera pas leur départ du Cambodge. Une réponse leur a été demandée pour le 1er novembre.

Et vous ?

Soutenez l’appel de l’Asia Floor Wage pour un salaire minimum vital dans l’industrie de l’habillement en Asie.

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