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Jesurani, 21 ans, travaille dans une usine textile du district de Coimbatore

Témoignage recueilli en novembre 2012

Je m'appelle Jesurani et j'ai 21 ans. Je suis née dans le village de Keezhasadaiyankulam, dans le Block Kalakadu du District de Tirunelevi. Mon père Dass et Mary ne disposent pas de terres. Ils travaillent comme ouvriers agricoles dans les fermes de propriétaires terriens dans les villages d'alentour.

Après avoir terminé mon 10ème degré, j'ai arrêté l'école pour m'occuper des tâches ménagères. Mon père a alors été approché par Monsieur David, un agent de recrutement d'un village voisin, qui lui a signalé des opportunités d'emploi dans les usines textiles du district de Coimbatore. Il a dit que si j'y travaillais trois ans, je recevrais une prime de 35.000 Roupies au terme de mon contrat et que je serais payée 2.000 Roupies par mois. L'agent a dit aussi que le logement et la nourriture étaient gratuits et que donc mon revenu mensuel pourrait être envoyé à la famille. Mon père fut convaincu et m'a demandé d'aller chercher du travail dans ces usines. Je ne connaissais pas la nature du travail et j'hésitais à travailler dans une usine éloignée de mon village natal. Mais la situation de ma famille m'a poussé à accepter ce travail et je me suis fait recrutée par l'usine en 2006.

Il y avait 500 filles dans l'usine et les logements. On m'a laissé une semaine pour me former puis on m'a mis au travail sans que j'ai pu acquérir les compétences nécessaires. Je n'avais pas le choix et j'ai appris à manipuler les machines sur le tas. Je devais travailler 8 heures par jour suivies de 4 heures de temps supplémentaire. Les heures supplémentaires étaient obligatoires et je travaillais 12 heures, tous les jours. La direction ne donnait que 500 Roupies de salaire mensuel et on m'a dit que 1000 Roupies étaient déduites pour le logement et la nourriture.

J'habitais dans une petite pièce avec 8 autres filles de mon âge. Il n'y avait que deux toilettes et 2 salles de bain pour 500 travailleurs. Nous devions nous lever à 4 heures du matin pour pouvoir nous préparer avant de commence le travail. Nous n'avions pas assez de temps pour à la fois nous laver et déjeuner. La plupart du temps, je passais mon petit-déjeuner même si j'avais faim, à cause de la  contrainte du temps. La direction ne nous permettait pas de prendre une pose durant les heures de travail et sans aucun répit nous devions travailler comme des machines. Je suis arrivée à travailler deux ans de suite mais je ne voulais pas continuer à travailler dans cette usine. Je suis retournée à la maison pour une fête du temple en 2008 et j'ai dit à mon père que je ne retournerais pas travailler dans cette usine. Mais le gardien de l'usine a appelé mon père et lui a dit que je devrais revenir pour pouvoir recevoir la prime promise. Mon père m'a ramené à l'usine après le congé. Au bout d'une année, j'ai demandé à recevoir la prime. Mais la direction m'a dit que j'avais pris trop de congé et que je devais donc travailler un an de plus avant de pouvoir prétendre à la prime promise. Sous la pression de mes parents, j'ai au bout du compte travaillé quatre ans dans cette usine pour finalement recevoir 25.000 Roupies sur les 35.000 promises.

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