Vous êtes :  Accueil > Campagnes > Salaire Vital > Des travailleurs(euses) témoignent... > Anuradha Verma, travaille pour un fournisseur de Marks & Spencer’s.

Anuradha Verma, travaille pour un fournisseur de Marks & Spencer’s.

Témoignage recueilli en novembre 2012

Je suis Anuradha Verma, de Kampur. Depuis 2008, je travaille à Viva Global Company qui fabrique des vêtements pour Marks & Spencer's. Avant cela, je cousais des vêtements pour mon entourage. J'ai trois filles et un fils. Nourrir 6 personnes est très difficile avec un salaire de 5.000 Roupies.

Quand nous avons revendiqué une augmentation des salaires, la direction nous a répondu que ce n'était pas possible vu que le gouvernement n'avait pas augmenté les barèmes salariaux. Si j'arrive 5 minutes en retard, ils m'enlèvent une demi-journée de salaire. La direction de l'usine coupe délibérément nos salaires proportionnellement au temps de travail. Ils font des erreurs dans le calcul des heures supplémentaires. Ils nous paient nos heures supplémentaires au salaire normal  plutôt qu'au double. Si vous travaillez 40 heures supplémentaires ils vous montrent que le registre n'en indique que 20 et paient seulement pour 20 heures. Ils postposent de deux semaines le paiement des heures supplémentaires au lieu de les payer en même temps que le salaire mensuel de base.

Je vis à Kapashera, à trois kilomètres de l'usine. Je parcours cette distance à pied parce que le rikshaw coûte 10 Roupies l'aller. L'entreprise ne nous donne aucune preuve d'emploi, Pas de carte d'identité, pas de contrat, pas de carte ESI (sécurité sociale), pas de fiche PF ni même de fiche de salaire.

Le soir, pour retourner à la maison après les heures de travail supplémentaire, ça craint. La peur est principalement due à la Police et à ses tactiques de harassement. Ils posent des questions typiques comme d'où venez-vous, où allez-vous, où travaillez-vous, où est votre carte d'identité de l'entreprise, pourquoi êtes vous seule en rue si tard le soir, etc. Leur intention n'est pas bonne du tout.

J'étais membre du syndicat de mon entreprise et j'ai de ce fait subi des atrocités de la part des directeurs. Mais nous poursuivons notre lutte pour que la direction nous procure nos cartes d'identité. EN luttant, nous avons appris à vivre une vie digne et aujourd'hui nous ne sommes plus effrayés par aucun directeur.

Les propriétaires et les gens du coin nous menacent de devoir évacuer la maison et de nous priver de nos biens. Le propriétaire, ses relations et ses amis ont de mauvaises intentions et font des commentaires à notre propos. Ils augmentent le loyer tous les 6 à 7 mois et ne permettent aucun retard dans les paiements de loyer.

Soutenez la campagne #LivingWageNow. 
Signez la pétition pour un Salaire vital.

campagne_salaire_vital

25 organisations membres

avec le soutien de

réseaux internationaux