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Disney se joue des travailleurs chinois

Depuis le 10 septembre 2007, plus de 300 ouvriers de l'usine Haowei Toys, produisant des jouets pour la Walt Disney Company, protestent jour et nuit devant le Bureau du Travail à Shenzhen pour obtenir le respect de leurs droits sociaux. Forcés de travailler jusqu'à 15 heures par jour et 28 jours par mois, les employés de cette usine ne sont pas autorisés à prendre de jours de repos pendant les périodes d'activité les plus importantes. Pourtant la loi chinoise prévoit qu'une journée de travail ne doit pas excéder huit heures, et une semaine, cinq jours. Xiao Huang, l'un des ouvriers interrogés par les enquêteurs de la SACOM, explique qu'il a dû travailler plus de 360 heures en décembre 2006, soit plus du double du maximum légal (fixé à 174 heures par mois dans la législation applicable à Shenzen).

La SACOM (Students and Scholars Against Corporate Misbehaviour) , une ONG de défense des droits des travailleurs basée à Hong Kong, dénonce sans relâche depuis trois ans, les violations graves dont sont victimes les ouvriers chinois qui fabriquent des jouets pour Disney. Dans un rapport d'enquête publié en septembre 2007, la SACOM fait état des conditions de travail indécentes auxquelles sont soumis les 800 travailleurs de l'usine de Haowei Toys, un fournisseur de Disney implanté dans le sud du pays, à Shenzhen, et fait une nouvelle fois appel au géant américain pour qu'il accepte enfin d’assumer ses responsabilités.

Ouvriers exploités

Outre les cadences infernales auxquelles ils sont soumis, les travailleurs de Haowei perçoivent des salaires de misère, bien inférieurs à ce que prévoit la loi locale. Les ouvriers sont payés 2,5 yuan de l'heure (0,23 euro), soit seulement 62,5% du salaire minimum légal (fixé à 4,02 yuan soit 0,38 euro). Les heures supplémentaires, dont la législation impose qu'elles soient rémunérées entre 150% et 300% du salaire horaire de base (selon qu'elles sont effectuées en semaine, le week-end ou les jours fériés), ne sont rémunérées que 3 yuan par heure (0,28 euro), soit seulement 120% du taux normal. De plus, la direction inflige, en toute illégalité, des amendes totalement arbitraires, de 5 à 10 yuan, aux ouvriers qui s'absentent plus de cinq minutes pour aller aux toilettes ou qui refusent d'effectuer des heures supplémentaires. Et les salariés ne peuvent avoir recours à leurs contrats de travail pour faire valoir leurs droits puisque les contrats que leur direction les oblige à signer ne mentionnent ni le salaire, ni le temps de travail des employés… Même la démission est sanctionnée d'une retenue d'un mois de salaire si elle n'est pas autorisée par la direction.

Dans les ateliers de peinture et d'impression, les conditions de sécurité ne sont pas respectées : les produits chimiques sont manipulés sans protection adéquate et la ventilation est inadaptée. Faute de soins médicaux et de couverture sociale, la santé des ouvriers est sacrifiée. Et les conditions d'hygiène ne sont pas meilleures dans les dortoirs: entassés à 12 dans des pièces humides et sombres de 15 m2, les ouvriers doivent partager un seul sanitaire pour tout un étage, quand celui-ci n'est pas bouché.

Disney ne respecte pas son propre code de conduite

Les violations graves des droits des travailleurs constatées à Haowei constituent une transgression manifeste de la législation chinoise. Elles se font également à l’encontre du propre Code de conduite de Disney, à travers lequel l'entreprise s'est engagée à "promouvoir et entretenir des pratiques sociales responsables tout au long de sa chaîne d'approvisionnement, et partout dans le monde". achACT l’avait déjà mis en évidence dans son livre « Jouets de la mondialisation, dans le monde désenchanté de Walt Disney », les conditions de travail à Haowei le confirment : le système de vérification établi par Disney est un échec. Il est incapable de répondre efficacement aux violations de son Code de conduite.

Interrogée sur cette affaire, la direction de Disney a affirmé "prendre très au sérieux les plaintes concernant des conditions de travail abusives". La multinationale a admis que ses propres enquêtes avaient révélé des violations à Haowei, et a ajouté que des mesures seraient prises pour y mettre un terme.

Mais s'il est vrai que sous la pression des militants et des médias, certaines améliorations ont pu être constatées à Haowei, notamment en matière de temps de travail, on est encore loin des exigences légales, et le problème crucial des salaires n'a toujours pas été résolu. Les mois de travail ont été ramenés à 26 jours de travail, ce qui reste supérieur aux 20 jours que prévoit la loi. Haowei a également augmenté la rémunération des heures supplémentaires (de 3 à 6 yuan), mais ne distingue toujours pas les heures travaillées la semaine et celles travaillées les week-ends et jours fériés. En outre, dans le même temps, les dirigeants de l’usine ont unilatéralement augmenté les frais d'hébergement, qui sont passés de 90 à 200 yuan par mois, alors que les conditions de vie dans les dortoirs ne se sont pas améliorées. Enfin, la direction d'Haowei a récemment annoncé son intention de délocaliser l'usine à Dongguan, et les ouvriers s'inquiètent du sort qui va leur être réservé…

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