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Cambodge - Marks & Spencer doit indemniser les travailleuses de Chung Fai

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Que font les grands distributeurs de notre pouvoir d'achat?

En pleine crise financière, les grands distributeurs cassent les prix et font des profits sur le dos de millions de travailleuses employées dans les usines qui produisent leurs vêtements.

Telle est la conclusion du rapport « CASH ! » publié le 10 février 2009.

C’est aussi la motivation des quinze organisations qui ont lancé une campagne pour exiger de Carrefour, Aldi, Lidl, Cora et Trafic qu'ils agissent pour garantir des conditions de travail décentes aux travailleurs de leurs fournisseurs.

Le rapport CASH! se base sur une recherche menée en 2008 auprès de 440 travailleurs de 30 usines basées en Thaïlande, au Bangladesh, en Inde et au Sri Lanka. Toutes ces usines produisaient des vêtements pour Carrefour, Aldi, Lidl, Walmart ou Tesco, c'est-à-dire 5 des 10 plus grands distributeurs mondiaux.

Les chercheurs ont également interrogé des directeurs d’usines, des agents, des responsables des achats chez de grands distributeurs pour identifier les pratiques à l’origine du maintien de mauvaises conditions de travail.

 

Nous achetons, qui paye?

CASH! montre ainsi que la politique des prix bas menée par la grande distribution induit des coûts élevés supportés par des millions de personnes à travers le monde.

Parmi elles, une large majorité de femmes pauvres, employées dans les usines mais aussi au sein même des magasins. CASH! met en évidence des situations graves et des tendances lourdes notamment en matière de 

  • salaires insuffisants pour vivre et heures supplémentaires excessives et obligatoires 
  • répression des syndicats et intimidation des travailleurs tentés de s’associer pour défendre leurs droits.
  • précarité croissante de l’emploi, contrats de très courts termes, intérimaires et sous-traités.

L’enquête a notamment montré que dans une usine du Bangladesh qui approvisionne Lidl, Walmart et Carrefour, le salaire était de 34 euros par mois. Certes plus que le salaire minimum légal (16 euros) mais gagné au bout de 90 heures de travail par semaine et ne permettant toujours pas de couvrir les besoins fondamentaux du travailleur et de sa famille. « Lorsque je rentre à la maison, je me sens tellement épuisée que je n'ai même pas envie de manger », dit Salma, travailleuse dans une usine du Bangladesh qui fournit Lidl et Carrefour. « Nous devons travailler de 9 heures du matin à 1 heure le lendemain, déclare une autre travailleuse d’un fournisseur indien.

Chaque mois, nous devons prester trente jours de travail comme celui-ci. »

 

A taille de géant, responsabilité de géant!

Les grands distributeurs déclarent prendre des mesures pour résoudre ces violations des droits du travail dans leurs filières d’approvisionnement. Toutes les entreprises reprises dans cette recherche font référence à un code de conduite. Elles développent des audits sociaux et échangent des informations sur la qualité sociale des fournisseurs qu’elles ont en commun.

Mais ces mesures s’avèrent insuffisantes. Le rapport CASH! montre l’inefficacité des audits sociaux à garantir des conditions de travail décentes. Au mieux, ils servent à faire état de violations et démontrent d’ailleurs qu’elles sont en augmentation. La multiplication des audits (plus de 16.000 audits sociaux commandités par Walmart chaque année, 609 autres réalisés à la demande de Carrefour en 2007 !) et surtout leur utilité très limitée pour améliorer des conditions de travail ont contribué à banaliser l’outil. Découvrez les réactions des entreprises au contenu de « Cash! ».

Les géants de la distribution détiennent le pouvoir d’imposer à leurs fournisseurs des conditions de prix, de délais de livraison, de services ou de paiements insoutenables. Un pouvoir qu’ils exercent de la sélection de leurs fournisseurs, jusqu’au paiement des marchandises. Chaque étape est l’occasion d’une pression supplémentaire sur les prix et les délais. Walmart est ainsi connu pour chercher à rendre ses fournisseurs dépendants de ses commandes (jusqu’à constituer 80% de leurs capacités de production). Tesco a quant à lui diminué de 5 à 10% le prix payé à ses fournisseurs bangladais entre 2004 et 2007, alors qu’entre temps le salaire minimum légal avait doublé. Les pratiques d’approvisionnement de Carrefour ont pour leur part été décrites par C. Jacquiau comme des « tortures psychologiques ».

Ce sont ces pratiques que les grands distributeurs doivent modifier s’ils veulent assumer leur responsabilité sociale.

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