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Cambodge - Marks & Spencer doit indemniser les travailleuses de Chung Fai

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Le Greenwashing social à l’épreuve des faits

Les pratiques des distributeurs permettent-elles ou nonle paiement d'un salaire vital pour les travailleurs de l'habillement?

Lidl ne pourra plus abuser les consommateurs sur son prétendu respect des droits des travailleurs dans ses filières d’habillement. Cette première victoire obtenue au titre de publicité mensongère donne un porte-voix à ceux qui critiquent le greenwashing social des géants de la distribution et des enseignes discount.
Sur le terrain, des organisations de travailleurs et ONG d’Asie et d’Europe, s’organisent pour faire valoir une revendication commune et forte en matière de salaire minimum dans les filières de l’habillement et défrichent de nouveaux terrains de négociation avec les acheteurs internationaux.

Consommateurs et organisations de défense des droits des travailleurs peuvent se réjouir d’un joli succès juridique. Pour la première fois en Europe, une entreprise de distribution, la chaîne de discount allemande Lidl, a fait l’objet d’une plainte au titre de publicité mensongère pour ses affirmations sur le respect des droits des travailleurs de ses fournisseurs. Lidl doit corriger sa communication en conséquence.

 

Une victoire pour les consommateurs

Cette victoire est le résultat d’une plainte déposée le 6 avril 2010 par l’organisation de consommateur allemande Verbraucherzentrale Hamburg e.V . La Clean Clothes Campaign allemande ainsi que le Centre européen pour les droits humains et constitutionnels (ECCHR) ont soutenu l’initiative en fournissant les preuves qu’au Bangladesh, des travailleurs produisent des vêtements pour le compte de Lidl dans des conditions qualifiées d’inhumaines. Après avoir dans un premier temps refusé de modifier ses affirmations, Lidl a finalement accepté de les retirer de ses documents promotionnels. Lidl devra également cesser de faire référence dans ses brochures publicitaires à son adhésion au BSCI , une initiative unilatérale d’entreprises en matière de responsabilité sociale dans les filières d’approvisionnement.

Pour Khorshed Alam, l’un des principaux chercheurs impliqués dans le dossier Lidl au Bangladesh, « notre recherche ne dévoile pas seulement le greenwashing social de Lidl mais elle montre également l’inefficience de l’adhésion à des initiatives d’entreprises telles que le BSCI. Beaucoup d’entreprises adhèrent à ce type d’initiatives pour éviter de devoir mener des actions concrètes et d’améliorer leur comportement social. »

De fait, tout au long de 2009, alors qu’elle interpellait grands distributeurs et discounters sur le respect des droits des travailleurs dans leurs filières d’approvisionnement en vêtements, la Campagne a reçu de chacun d’entre eux, sans exception, une réponse faisant référence à son adhésion à l’une ou l’autre initiative d’entreprise (telle que le BSCI, l’Initiative Clause sociale ou le GSCP). A l’exception d’Aldi, toutes les enseignes visées en Belgique (également Carrefour, Cora, Trafic et Lidl) ont accepté de dialoguer avec la campagne.

 

Mais quel impact sur les travailleurs ?

Une étude réalisée pour le compte de la Clean Clothes Campaign néerlandaise au Bangladesh montre que les salaires pratiqués dans l’industrie de l’habillement sont très loin de couvrir les dépenses de base d’une famille. Près de 80% des opératrices de machine à coudre touchent moins de 4000 takas par mois (44 euros), heures supplémentaires comprises alors qu’elles doivent en moyenne en dépenser 4730 pour leur seule subsistance. Un pouvoir d’achat qui est encore fortement diminué par une inflation importante des prix des biens de consommation de base.

Certes Carrefour a cosigné une lettre adressée par des acheteurs internationaux pour demander une révision urgente des salaires au gouvernement du Bangladesh. Certes Cora a annoncé qu’il viendrait en aide aux victimes de l’incendie de l’usine de son fournisseur Garib&Garib au Bangladesh… Mais force est de constater que les engagements des entreprises de la grande distribution restent globalement faibles et très peu efficaces lorsqu’il s’agit de les mesurer à l’auge de leur impact sur les travailleurs et sur l’amélioration de leurs conditions de travail.

 

Vers un salaire minimum vital

Depuis octobre 2009 la Campagne relaye la demande mise en avant par l’Alliance pour l’Asia Floor Wage. Ce mouvement grandissant à l’échelle asiatique se fonde sur une méthode de calcul et une revendication communes en matière de salaire minimum pour tous les travailleurs de l’habillement en Asie.

De mai à octobre 2010, les organisations qui portent la campagne mèneront des actions de sensibilisation et d’interpellation. A l’appui de ces actions : une bande dessinée asiatique qui explique le principe de l’Asia Floor Wage, un module d’exposition qui circulera notamment dans les festivals de musique et lors d’événements publics et des cartes postales à adresser à Aldi, Carrefour, Cora, Lidl et Trafic.

Objectif, pousser grands distributeurs et discounters à tenir compte dans leurs négociations commerciales avec leurs fournisseurs de vêtements, du respect d’un salaire minimum vital basé au moins sur le standard de l’AFW et les inviter à discuter de la mise en œuvre de cette démarche avec les organisations membres de l’alliance AFW (syndicats et ONG asiatiques) dans les pays où ils font produire. Certaines marques de vêtements ou d’articles de sport ont entamé des démarches constructives en ce sens (projets pilotes dans le secteur des chaussures de sport notamment). Par son énorme pouvoir d’achat, la grande distribution est un acteur majeur en ce domaine. La Campagne l’invitera à découvrir l’Asia Floor Wage et à rencontrer ses protagonistes.

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