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Cambodge - Marks & Spencer doit indemniser les travailleuses de Chung Fai

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Bilan après deux ans de campagne!

Publié le 10 février 2011

18.652 personnes ont participé à la campagne Grande distribution en 2010.

Ensemble, quinze organisations de consommateurs et de travailleurs dénoncent l’impact des pratiques d’achats de la grande distribution et des discounters sur les conditions de travail dans leur filière d’approvisionnement en vêtements. Elles visent en Belgique cinq entreprises : Aldi, Carrefour, Cora, Lidl et Trafic.


Des actes !

La campagne a interpellé les entreprises non plus sur la manière dont elles contrôlent que les droits des travailleurs sont respectés dans leur filière d’approvisionnement mais sur leurs politiques et leurs pratiques quotidiennes d’achats qui rendent ou non possible pour leurs fournisseurs de respecter les droits des travailleurs. Cette campagne s’attaque au noyau dur de la distribution, à savoir les grands distributeurs et les discounters, dont le pouvoir d’achat énorme est de nature à influencer, vers le bas ou vers le haut, les pratiques de l’ensemble du secteur.

En deuxième année, la campagne a pu reposer son travail sur l’émergence d’un mouvement asiatique, l’Asia Floor Wage, qui propose une démarche concrète aux entreprises en matière de mise en œuvre d’un salaire décent. Cela nous a permis de contribuer au renforcement de ce réseau tout en identifiant des demandes précises, crédibles, faisables à adresser aux entreprises de distribution. Fin 2010, l’Asia Floor Wage est active en Inde, en Indonésie et au Sri Lanka et au Cambodge et démarre au Bangladesh. L’Asia Floor Wage a développé des contacts avec nombre d’enseignes et marques internationales. Elle a développé un guide de mise en œuvre destiné aux entreprises et négocie un projet pilote avec une marque de sport internationale.

Mais on le sait, le domaine de revendication abordé est bien plus dérangeant que la mise en œuvre soft et sans vérification d’une responsabilité de filière limitée à la multiplication d’audits. Il n’est donc pas étonnant que toutes les entreprises contactées aient principalement mis en évidence leur adhésion à une association d’entreprise ou une autre multipliant les audits sur base de codes de conduite plus ou moins complets. Certains jugeront que c’est là un premier pas. D’autres parleront de paravent qui n’engage pas à grand-chose.

 

Des impacts limités mais réels

En préparant un recours en justice contre Lidl pour publicité mensongère et en forçant Lidl a corrigé sa communication, la Campagne allemande a, à ce propos, « mis le doigt où ça fait mal » : sur le greenwashing social. Bien relayé par la campagne en Belgique, ce cas fera dorénavant hésiter les entreprises qui veulent abuser le consommateur crédule en lui faisant croire que signer un code de conduite et multiplier les audits garantit de bonnes conditions de travail.

Quelques « nouveautés » toutefois dans les réponses des entreprises : certaines comme Carrefour ou Lidl développent des projets de formation, la première vis-à-vis des travailleurs de ses filières au Bangladesh en collaboration avec une ong locale, la seconde, pour les directions de ses fournisseurs en collaboration avec la Coopération au développement allemande. Sujette à des pressions de la part des représentants de ses employés, Carrefour informe le Comité d’entreprise européen sur le nombre, la localisation des audits qu’elle réalise mais pas sur leur contenu. Carrefour aurait encouragé ses fournisseurs au Bangladesh à appliquer le nouveau salaire minimum légal édicté par le gouvernement du Bangladesh en 2010.

En matière de pratiques d’achats, la Campagne n’a pour l’instant pas engrangé d’engagements concrets de la part des entreprises ciblées. Se retranchant derrière des risques de perdre sa position concurrentielle, aucune d’entre elles ne s’est engagée à payer à ses fournisseurs un prix qui tienne compte d’un salaire minimum vital. C’est inacceptable !

Cela nous oblige à continuer notre action en la fondant sur trois principes et outils, notamment mis en exergue à l’occasion de la table ronde de Bruxelles, tenue le 4 Octobre 2010 :

  • Tout n’est pas acceptable au nom de la compétitivité. Notamment, les droits des travailleurs doivent primer sur la compétitivité.
  • L’argument de la baisse de compétitivité ne semble pas pertinent étant donné le faible pourcentage du prix d’achat consacré à la rémunération de la main-d’œuvre. La question est donc à retourner aux entreprises afin qu’elles précisent quels problèmes de compétitivité elles pourraient rencontrer.
  • Un outil qui permet d’intégrer correctement le coût de la main-d’œuvre dans les prix d’achat a été développé par l’AFW.

Il reste beaucoup à faire…

Mais ce n’est pas en deux ans que l’on peut espérer obtenir des résultats en ces domaines. achACT – Actions Consommateurs Travailleurs reste bien-sûr sur la balle. Après une étape de campagne publique, il s’agit aujourd’hui de :

Fin février 2011, les organisations européennes de la Clean Clothes Campaign se définiront des objectifs concrets et une stratégie commune pour chaque entreprise internationale ciblée (Aldi, Lidl et Carrefour). Les organisations qui participent seront invitées à faire ce travail, avec achACT – Actions Consommateurs Travailleurs vis-à-vis de Trafic et de Cora. Nous aurons encore l’occasion de vous informer à ce sujet et, très vraisemblablement de requérir votre soutien.

Votre engagement a construit le socle sur lequel nous pouvons construire ce travail. C’est ensemble que nous continuerons.

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