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Les migrants

Les travailleurs migrants constituent une part importante et croissante de la main-d’œuvre dans l’industrie légère globalisée.

En Chine, une très large majorité des travailleurs de l’industrie de l’habillement, du jouet, de l’électronique de Shenzen et du Guangdong viennent des régions rurales pauvres, à plusieurs milliers de kilomètre de là. Au Bangladesh, beaucoup de femmes occupées dans l’industrie de l’habillement sont issues des régions rurales. Parfois attirées par la vie urbaine, elles sont bien plus souvent poussées par l’appauvrissement des familles et déchantent rapidement. Le coût de la vie est bien plus élevé en ville que dans les campagnes et les salaires justes suffisants pour loger en dortoir ou dans des bidonvilles. Elles travaillent de douze à quatorze heures par jour avec un seul jour voire un demi jour de congé par mois. La pression due aux conditions de travail et à l’éloignement de la famille rend les jeunes travailleuses plus vulnérables aux maladies et aux accidents.

De pays en pays

De plus en plus aussi, les travailleurs migrent d’un pays à l’autre. C’est le cas notamment dans l’industrie de l’habillement et de l’électronique de Malaisie, de Thaïlande et de Taïwan qui ont recours depuis longtemps à une main-d’œuvre migrante originaire de pays voisins comme l’Indonésie, la Birmanie ou  les Philippines. Plus récemment le mouvement s’est étendu au Moyen Orient et en particulier à la Jordanie et à l’Egypte où sont employés de manière croissante des travailleurs venus notamment de Chine, du Bangladesh, d’Inde et du Sri Lanka. Le mouvement touche aussi l’Europe, les USA et l’Australie. Il s’explique par la tendance à la relocalisation de l’industrie à proximité des marchés liée à l’augmentation des coûts de transport et aux exigences de réapprovisionnement rapide des marques et des enseignes de distribution qui cherchent cependant à garder des coûts d’approvisionnement bas…

N’arrivant pas à subvenir à leur propres besoins, beaucoup de migrants se déplacent à la recherche désespérée d’un meilleur salaire. Nombreux sont ceux qui sont enfermés dans le cercle vicieux de la dette contractée auprès de membres de leur famille, d’agences de recrutement, d’intermédiaires ou de trafiquants. S’exprimer à l’extérieur de l’entreprise ou auprès d’une organisation pour obtenir de meilleures conditions de travail est particulièrement téméraire. Beaucoup n’ont pas de statut légal ou risquent de le perdre. Les travailleurs migrants vivent souvent avec la crainte d’être arrêtés et déportés. Beaucoup ne quittent pas l’usine ou le dortoir, par crainte d’être arrêtés ou déportés ou parce qu’ils y sont confinés par leur employeur qui leur confisquent leurs documents.

En majorité des femmes

Partout dans le monde, les travailleurs migrants sont de plus en plus souvent des femmes. L’OIT rapport qu’en Asie, 800.000 femmes quittent chaque année leur pays d’origine pour trouver du travail. le nombre de femmes qui émigrent est en outre plus élevé que celui des hommes dans des pays tels que le Sri Lanka, l’Indonésie et les Philippines.

Des migrants exigent leurs droits de travailleurs

Malgré les difficultés d’action, des travailleurs migrants prennent des initiatives. C’est le cas notamment à l’Ile Maurice où, ces dernières années,des travailleurs migrants chinois, bangladeshis et srilankais ont manifesté et mené des actions pour obtenir un meilleur salaire et de meilleures conditions de travail. Mais beaucoup reste à faire.

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