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Les femmes

Le travailleur type de l’industrie légère est une travailleuse !

Aux Philippines, en Chine, en Indonésie, au Bangladesh, au Cambodge, ce sont très généralement des femmes qui fabriquent nos vêtements, nos téléphones mobiles, nos jouets ou nos chaussures de sport, souvent dans de très mauvaises conditions. Et ce n’est pas le fruit du hasard. Depuis les années ‘80, les processus de précarisation et de flexibilisation du travail ont été de pair avec sa féminisation.

Qu’est ce que cela change ? Tout. Depuis le niveau de rémunération, jusqu’aux caractéristiques de l’emploi (telle que l’absence de contrat et de congé maladie ou de maternité, de liberté syndicale ou de retraite, l’impossibilité d’accéder à des postes mieux valorisés), en passant par la façon dont un supérieur hiérarchique parle ou touche le travailleur ou la travailleuse, tout est au moins en partie conditionné par des conventions sociales et culturelles fondées sur le genre. Cela implique pour la femme une charge accrue en terme de stress lié à la précarité du travail et au harcèlement physique, moral et sexuel. Cela rend encore plus lourd la malnutrition liée aux bas salaires, l’épuisement qui résulte des heures supplémentaires forcées et l’impossibilité de faire entendre sa voix pour améliorer sa situation.

De plus, les femmes assurent, dans la majorité des cas, l’essentiel des tâches et des soins au foyer, voire même dans la communauté et ont la responsabilité de l’éducation des enfants. Cela signifie non seulement une double charge comparée à celle de ceux qui ne doivent pas assumer ses rôles mais aussi que l’état de fatigue, l’indisponibilité de la femme travailleuse pour sa famille a des répercussions sur la communauté tout entière, au présent et à l’avenir.

Reconnaître les apports, demandes et besoins spécifiques des travailleuses

Participant massivement au travail productif et porteuses de nouveaux enjeux, les femmes ne sont pas pour autant reconnues en tant que telles et doivent encore de nos jours affronter un statu quo tant au sein de la famille qu’au travail et dans le mouvement syndical.

Cela n’a cependant pas empêché des femmes, travailleuses de l’industrie de l’habillement, de l’électronique ou des chaussures de sport de s’organiser pour pousser au changement. Dans certains cas, leur action persistante a permis d’engranger des progrès malgré les grands risques encourus. En jouant un rôle d’information et de relais vers le grand public, les syndicats et les entreprises, achACT soutient l’action de ces femmes.

Pour achACT, la prise en compte de cette dimension de genre signifie également :

  • De repenser les approches conventionnelles de la lutte pour les droits des travailleurs
  • De reconnaître les besoins spécifiques des femmes au travail et de les faire reconnaître par tous ceux qui soutiennent le droit des travailleurs à s’organiser,
  • De contribuer à faire entendre et respecter les voix des travailleuses dans les décisions, les institutions et les initiatives censées améliorer leur situation,
  • D’identifier nos revendications de campagne, nos exigences et propositions vis-à-vis des entreprises et des autorités publiques en tenant compte de cette dimension, à tous les niveaux

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