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L'audit social : un cache-misère?

23 novembre 2005 - Les audits sociaux se révèlent la plupart du temps inadéquats pour améliorer les conditions de travail dans l’industrie mondialisée de l’habillement. Pire, ils peuvent constituer des obstacles pour remédier effectivement à des violations de droits des travailleurs.

A l’occasion de la conférence du BSCI qui se tient à Bruxelles ces 23 et 24 novembre, au sein de laquelle des entreprises de distribution prônent le recours à l’audit social comme instrument majeur de responsabilité sociale, la Clean Clothes Campaign affirme que le recours exclusif à ce type d’audit constitue en réalité un obstacle pour améliorer les conditions de travail dans l’industrie du vêtement.

A l’appui de cette affirmation, de nouvelles recherches de la Clean Clothes Campaign effectuées dans huit pays comptant parmi les principaux fournisseurs de vêtements vendus en Europe : le Bangladesh, la Chine, le Kenya, l’Inde, l’Indonésie, le Maroc, le Pakistan et la Roumanie. Les enquêtes réalisées par des chercheurs issus d’organisations sociales ont permis de collecter les témoignages de 670 travailleurs, issus de 40 usines.

Ces recherches mettent en évidence des problèmes sérieux dans la manière dont sont menés les audits sociaux.

Télécharger le rapport de recherche « Looking for a quick fix » en anglais
Télécharger le résumé en français

 

Des évaluations incomplètes, superficielles et baclées

Les audits sociaux sont devenus une pratique courante dans le secteur de l’habillement et des articles de sport. Des dizaines de milliers d’audits sociaux sont commandés chaque année par des centaines d’entreprises de distribution et de marques. Un secteur entier d’auditeurs sociaux commerciaux, d’experts autoproclamés et d’entreprises éthiques presqu’indépendantes ont sauté dans le train de l’audit social.

Le rapport de recherche montre cependant que les audits sociaux, tels qu’ils sont actuellement menés, ne constituent très généralement pas un outil adéquat pour évaluer correctement les conditions de travail dans les usines de vêtements et de chaussures de sport. Ceci est d’autant plus vrai lorsqu’il s’agit de détecter des aspects moins tangibles de la réalité du travail tels que le respect de la liberté d’association, l’obligation et l’excès de prestations supplémentaires, les traitements abusifs ou discriminatoires.

Des travailleurs ont confié aux chercheurs avoir été questionnés par des auditeurs devant des membres de la direction de l’usine ; la crainte de sanctions les empêchant alors de témoigner le cas échéant de véritables problèmes qu’ils rencontrent sur leur lieu de travail. Cette pratique ne constitue pas, selon l’enquête, la seule irrégularité dans la façon de mener les interviews. Lorsque les audits sont annoncées, ce qui est souvent le cas, la direction ne se prive pas de coacher les travailleurs pour qu’ils apportent les réponses appropriées aux questions des auditeurs voire d’écarter préalablement des travailleurs gênants. « A chaque fois que les auditeurs sociaux visitent cette usine, on nous donne congé », raconte un travailleur indien produisant pour le compte de grandes entreprises européennes de distribution comme KarstadtQuelle, Otto Versand et Littlewoods.

Face à des auditeurs dépêchés par des sociétés commerciales, qui manquent souvent de compétence et d’expérience en matière sociale, et qui ne peuvent, rentabilité oblige, consacré plus de quelques heures par usine, il n’est pas difficile de déduire que les audits sociaux sont souvent incomplets, superficiels et bâclés.

Un travailleur dans une usine au Kenya qui produit pour le géant mondial de la distribution Wal-Mart (USA), le confirme : « Les auditeurs sont toujours pressés ; ils se contentent souvent d’observer les travailleurs qui ne sont jamais invités à participer au processus… ils doivent impérativement dialoguer avec nous s’ils veulent vraiment connaître nos problèmes».

Manque de suivi

Dans de nombreux cas, les audits ne sont pas suivis par des programmes correctifs permettant une mise en conformité de l’unité de production vis-à-vis des exigences du code de conduite du client.

Dans certains cas, les clients se désintéressent de la résolution des problèmes ou ferment les yeux devant l’exploitation extrême de travailleurs. La démonstration en a été faite tragiquement au Bangladesh en avril 2005, lorsque Spectrum Sweater-Sharhiyar, une usine ayant fait l’objet d’au moins un audit récent, s’est effondrée, tuant 64 travailleurs. Des travailleurs ont témoigné de leurs très mauvaises conditions de travail avant le désastre, mais pire encore, ils étaient à ce point dénigrés que l’alerte qu’ils ont lancée à propos des risques d’accident avant l’effondrement fut simplement ignorée, non seulement par la direction de l’usine mais également par ses clients. L’usine avait subi au moins un audit social de la part de Carrefour et un audit de qualité sur demande de KarstadtQuelle, effectué selon nos sources par la firme internationale d’audit social SGS.

Un système rétif aux propositions d’améliorations

La Clean Clothes Campaign épingle également le manque cruel de transparence au sein de l’industrie de l’audit social, ce qui empêche toute discussion sérieuse à propos des politiques et pratiques adoptées et de possibles améliorations.

Les distributeurs non-spécialisés en ligne de mire

Ces dix dernières années, beaucoup d’entreprises ont tenu compte des enseignements tirés de leur propre expérience et des critiques exprimées à leur égard. Elles ont commencé à identifier les limites des méthodes d’audit social et s’orientent vers une approche plus intégrée pour améliorer les conditions de travail. Malheureusement cette approche contraste avec les pratiques encore utilisées par les plus grands acteurs de la distribution. Le rapport le montre, c’est dans les secteurs de la grande distribution (supermarchés, magasins discount) et de la vente par correspondance que les démarches les moins rigoureuses sont mises en œuvre.

Replacer le travailleur au cœur du processus d’évaluation et d’amélioration des conditions de travail

Les conclusions de ce rapport renforcent la Clean Clothes Campaign dans son exigence de placer les travailleurs et leurs organisations au centre des processus d’amélioration des conditions de travail. Des audits sociaux sérieux peuvent conduire à des améliorations des conditions de travail s’ils se mêlent de manière intégrée à d’autres instruments et renforcent en priorité le dialogue social.

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